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Economie

Editorial: Repenser le modèle économique

La troisième session de l’année du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), tenue, le 7 octobre 2026, à N’Djaména, aura une nouvelle fois mis les ministres des Finances de la CEMAC face aux mêmes urgences : situation économique et financière de la sous-région, perspectives macroéconomiques, évolution des changes et relations avec le Fonds monétaire international (FMI). Ces dossiers sont importants, certes. Mais derrière les tableaux, les taux et les projections, se cache une autre réalité. Quand la croissance annoncée commencera-t-elle réellement à changer la vie des populations ?

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), doit cesser de considérer la stabilité macroéconomique comme une fin en soi. Elle doit en faire le socle d’une véritable politique industrielle. Certes, les six pays de la CEMAC n’ont pas les mêmesstructures économiques. Le Cameroun dispose d’une économie relativement diversifiée. La République centrafricaine repose largement sur l’agriculture, l’élevage, les ressources forestières et minières. Le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale restent fortement exposés aux hydrocarbures. Le Tchad combine pétrole, agriculture, élevage et commerce, mais compte beaucoup plus sur le pétrole. Toutefois, cette diversité apparente cache une faiblesse commune : la transformation locale reste insuffisante.

La Communauté continue d’exporter une grande partie de ses matières premières et d’importer des produits transformés. C’est un modèle qui crée de la dépendance, fragilise les balances commerciales et prive les économies locales d’une grande partie de la valeur ajoutée. Il faut désormais passer des déclarations aux chaînes de valeur. Transformer le coton en fil, en tissu et en vêtements. Transformer le bétail en viande conditionnée et en produits dérivés. Transformer le sésame en huile. Le soja et l’arachide en produits alimentaires. Le bois en meubles. Les minerais en produits semi-finis. Le lait en produits laitiers. Les céréales en farine et en aliments transformés.

Le cas tchadien est particulièrement révélateur. Au Tchad, le pétrole occupe une place stratégique dans l’économie nationale, car il représente environ 15 % du PIB, 41 % des recettes publiques et 76 % des exportations, selon la Banque mondiale. Mais l’agriculture demeure également fondamentale, avec environ 36,3 % du PIB en 2025 et une grande partie de la population qui en dépend. Le problème n’est donc pas l’absence de ressources. Le problème est la faiblesse de leur transformation.

La Cotontchad (SN) fournit un exemple intéressant. La campagne 2025-2026 aurait produit 75 300 tonnes de coton graine, soit une progression de 34 %. Pour la campagne suivante, l’entreprise vise 130 000 à 140 000 tonnes. Une telle progression ne devrait pas seulement se traduire par davantage de coton brut. Elle devrait surtout ouvrir la voie à une véritable industrie textile tchadienne à savoir filature, tissage, confection, emballage et commercialisation. Même interrogation pour la filière sucrière, autour de la Compagnie sucrière du Tchad (CST), héritière de la SONASUT. De même pour les industries textiles, agroalimentaires et de transformation qui ont, au fil des années, connu des difficultés, des arrêts ou des performances en dessous de leur potentiel. Peu d’usines annoncées, relancées ou inaugurées ont réellement atteint leur vitesse de croisière.  

La Rédaction

                         

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