La Journée mondiale de la sécurité des patients, instaurée par l’Organisation mondiale de la Santé a pour thème cette année : « les soins sûrs pour les maladies non transmissibles ». A cet effet, Dr Garba Tchang Salomon, Directeur de l’Organisation des Services de Santé et du Mécanisme de Financement du ministère de la Santé Publique et de la Prévention, élucide la portée de cette journée.
L’Info : Le Tchad, à l’instar des autres pays du monde, célèbre tous les 17 septembre la Journée Mondiale de la sécurité des patients. Comment le Ministère de la Santé publique organise-t-il cette célébration ?
Dr Garba Tchang Salomon : Oui c’est vraie que c’est une journée mondiale et le Tchad étant de concert avec les autres nations du monde se donne de célébrer cette année la journée mondiale de la sécurité des patients tout comme elle a été célébrée dans les années précédentes. L’OMS propose chaque année un thème et celui de cette année est : « les soins sûrs pour les maladies non transmissibles » avec un slogan, « des soins sûrs pour la vie ». Ce thème a été proposé à tous les pays membres de l’OMS. L’objectif des journées mondiales que nous célébrons, est d’abord l’information et la sensibilisation ; donc celle que nous célébrons aujourd’hui n’échappe pas à la règle. Le thème de cette année vient à point nommé puisque les données ont montré qu’il y’a toujours des faiblesses et des manquements observés dans la prise en charge des maladies non transmissibles. Ces maladies surviennent généralement d’une manière brusque et insidieuse. Les victimes ne savent jamais qu’elles sont malades et du moment où la maladie se déclare, il serait un peu difficile de le stopper, les complications suivent immédiatement et la mort s’en suit. Donc, il est nécessaire de profiter de cette tribune pour attirer l’attention de la population, de ceux qui vivent déjà avec ces maladies et l’ensemble du personnel de santé de ne pas perdre de vue ces maladies non transmissibles qui font assez de victimes dans notre pays.
Quelles sont ces maladies non transmissibles, leurs causes et leurs prises en charge ?
Les maladies non transmissibles sont tellement nombreuses, mais nous mettons un accent particulier sur celles qui font assez de victimes au sein de la population. Il s’agit du diabète et de l’hypertension artérielle qui ne sont pas transmissibles mais plutôt individuelles, des fois aussi structurelles. Parfois, elles sont aussi liées aux habitudes de la vie car nos habitudes nous conduisent vers les conséquences de ces maladies. Pour ce faire, une sensibilisation vers ces maladies revêt une grande importance afin d’attirer l’attention des gens sur leur comportement, leur habitude de vie, leur aspect psychologique qui sont en fait les causes de ces maladies. Il est meilleur de faire à chaque fois un bilan de santé si nécessaire, car les maladies non transmissibles sont des maladies qui, souvent, se cachent dans l’organisme et ronge le corps jusqu’à un certain stade avant qu’elles ne se déclarent. Prenons le cas de l’hypertension artérielle qui fait des dégâts énorme de nos jours. La personne ne sait pas si elle est hypertendue, s’il lui arrive par coup de chance de faire l’AVC, on peut encore le rattraper, mais par malheur, s’il lui arrive de faire un arrêt cardiaque, on ne peut plus la récupérer et la mort s’en suit. Voilà ce que je peux vous dire sur ces maladies qui font assez des dégâts en termes de mortalité et de morbidité humaine.
En quoi consiste la sécurité des patients ?
Il existe plusieurs volets dans la sécurité des patients. La sécurité existe d’abord dans les pratiques médicales. Le malade a le droit de recevoir des soins vraiment appropriés, des soins qui respectent les protocoles de traitements, des soins sains et de qualité, exempts de toute complication et de tout accident. Prenons par exemple une simple injection qui est anodine, et n’est pas faite dans le respect des procédures d’injection par rapport aux produits. Il y a des produits huileux et des produits aqueux. Si ces produits ne sont pas bien utilisés, ils peuvent entrainer la mort du patient. La sécurité du patient est une stratégie mise en place par l’OMS pour le bien-être des malades. Ici au Tchad nous avons mis en place plusieurs documents et des volets spéciaux sur la sécurité et les hôpitaux en font bon usage. Par exemple en chirurgie, nous avons validé avec le personnel de santé une check list chirurgical qui fera en sorte que la chirurgie soit sûre. La meilleure sécurité sanitaire concerne le patient lui-même, il doit être attentif à son corps en faisant un checking médical de temps en temps. Dans les pays développés et nous sommes aussi dans cette phase, les contrôles médicaux doivent être périodiques pour toute la population. Vous savez que notre corps fonctionne comme une machine qui doit être maintenue en bon état pour un bon fonctionnement. Souvent on entend dire qu’il est mort subitement sans être malade et pourtant il est un malade qui s’ignore car notre corps peut nous surprendre à tout moment.
Organiserez-vous des activités en ce jour dans les hôpitaux et les centres de santé pour informer les patients qu’ils sont les premiers responsable de leur santé
Oui, nous aimerions bien organiser les activités avec notre partenaire qui est l’OMS mais compte tenu des difficultés qu’on a eu cette année avec la contingence des maladies épidémiologiques connues dans la ville de N’Djaména, une déclaration officielle sera faite à l’idée de sensibiliser la population sur les maladies non transmissibles qui sont vraiment à la pointe. On peut trouver aujourd’hui un jeune enfant qui peut avoir le diabète ainsi que l’hypertension artérielle. J’encourage tout le monde à pratiquer du sport pour se maintenir en bonne santé et éviter ces maladies qui tuent les gens à petit feu.
Entretien réalisé par Modjimadi Djimas Justine












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