Entre aliments exposés à la poussière, repas mal conservés et vendeuses soucieuses de la propreté, l’hygiène alimentaire aux abords des établissements scolaires constitue un enjeu majeur de santé publique. Élèves, vendeuses et responsables d’établissements appellent à une responsabilité partagée pour garantir aux enfants une alimentation saine et sécurisée.
A l’heure de la récréation, les abords des établissements scolaires s’animent. Des élèves se précipitent vers les vendeuses pour acheter de quoi calmer leur faim avant de reprendre les cours. Galettes, beignets et autres préparations attirent les enfants, souvent séduits par leurs prix accessibles. Mais derrière cette scène familière se pose une question essentielle : les aliments proposés sont-ils préparés, conservés et vendus dans des conditions d’hygiène satisfaisantes ?
Cherif S., élève en classe de 6ème dans un lycée de la place, est conscient des risques liés à une mauvaise hygiène alimentaire. Pour préserver sa santé, il affirme se laver les mains avant de manger et privilégier l’eau potable. Il évite également les aliments exposés à la poussière et aux mouches. La situation est toutefois différente pour Khadidja Y., élève en classe du CE1. Elle reconnaît avoir consommé des aliments vendus dans de mauvaises conditions d’hygiène. Selon son témoignage, ces habitudes sont parfois difficiles à éviter et elle se retrouve régulièrement confrontée à des troubles digestifs. « Une fois à la maison, je faisais la diarrhée et je souffrais de maux de ventre», explique-t-elle. Suite à des complications sanitaires, elle a pris conscience et cessé de consommer ces aliments exposés.
Une responsabilité collective pour une alimentation saine et sécurisée
Du côté des vendeuses, certaines affirment faire de la santé des enfants une priorité. A proximité d’une école, Fatimé L. insiste sur l’importance de protéger les aliments contre la poussière et les mouches. Elle veille également à maintenir son espace de vente propre. Pour elle, le respect des règles d’hygiène contribue à rassurer les élèves et leurs parents. Même préoccupation chez Idja A., qui met l’accent sur la bonne préparation des repas, leur protection avant la vente et la nécessité de proposer des aliments à des prix accessibles.
Ces témoignages montrent que les vendeurs ont un rôle déterminant à jouer dans la prévention des maladies d’origine alimentaire. Pour Emmanuel Thomas, responsable d’une structure d’enseignement privé, la protection de la santé des élèves relève des obligations de l’établissement. Il affirme que le corps enseignant exerce un droit de regard sur les aliments et les produits comestibles vendus dans l’enceinte scolaire. Il souligne également l’importance d’une vigilance permanente, accompagnée d’une sensibilisation régulière des élèves et d’une collaboration avec les vendeuses. Le responsable invite par ailleurs les parents à participer à cet effort collectif en inculquant à leurs enfants les principes d’une alimentation saine et équilibrée.
Au-delà des discours, la promotion de l’hygiène alimentaire exige des actions concrètes : installation de points d’eau potable, mise à disposition de poubelles adaptées, protection systématique des aliments et nettoyage régulier des lieux de vente. La sensibilisation doit également apprendre aux élèves à se laver les mains, à éviter les aliments douteux et à signaler les situations préoccupantes. Garantir la sécurité alimentaire en milieu scolaire ne relève pas d’un simple souci de propreté. C’est un investissement dans la santé, le bien-être et l’avenir des enfants.
Hassaballah Ahmat khamis et Arafa Souleymane Aboubakar (stagiaire)












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