Au Tchad, le tir à l’arc poursuit progressivement sa structuration malgré les difficultés financières et infrastructurelles. C’est ce qu’a expliqué le président de la Fédération Tchadienne de Tir à l’Arc, Ambassadeur Colombe Nguelet, dans un entretien accordé à l’équipe de L’Info sur la vie et les perspectives de cette discipline sportive.
Le président de la fédération tchadienne de tir à l’arc fait un état de lieux de cette discipline encore peu soutenue, mais porteuse de grandes ambitions. Selon lui, la fédération fonctionne aujourd’hui grâce à un bureau exécutif engagé, des ligues en cours de dynamisation ainsi que quelques clubs actifs, principalement à N’Djaména et dans certaines provinces.
Malgré des moyens très limités, les responsables s’efforcent d’organiser, de promouvoir et de développer cette discipline sur l’ensemble du territoire national. « La fédération repose essentiellement sur la bonne volonté de ses membres avec très peu de ressources stables pour assurer un développement durable », souligne le président. Hormis ce contexte difficile, plusieurs avancées ont été enregistrées. Des sessions de formation ont été organisées pour les encadreurs, tandis que de nombreux jeunes ont été initiés à la pratique du tir à l’arc.
Sur le plan international, le Tchad a su se faire remarquer. Les archers tchadiens ont pris part à plusieurs compétitions continentales et internationales avec des performances jugées honorables. Le pays occupe actuellement la place de vice-champion d’Afrique depuis le dernier championnat d’Afrique organisé du 19 au 23 Novembre 2025 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Pour Ambassadeur Colombe Nguelet, cette performance démontre clairement le potentiel du Tchad dans cette discipline. « Nos participations sont une grande fierté pour notre pays et prouvent que le Tchad peut exister sur la scène du tir à l’arc », affirme-t-il.
Cependant, les défis restent nombreux. Le principal obstacle demeure le manque de ressources financières pour organiser des compétitions, la formation des athlètes et les déplacements internationaux. À cela s’ajoute l’absence quasi totale d’infrastructures adaptées.
Il n’existe pratiquement pas de terrains homologués dédiés au tir à l’arc. Les équipements disponibles sont insuffisants et souvent obsolètes, freinant considérablement la progression des sportifs. Le président de la fédération regrette également le faible niveau d’implication du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, dont le soutien reste largement en dessous des attentes.
Face à cette situation, seul le Comité Olympique et Sportif Tchadien (COST) apporte ponctuellement son appui. « J’en profite pour remercier le président du COST, Idriss Dokony Adiker, pour son accompagnement », indique-t-il.
Malgré ces contraintes, la fédération continue d’accompagner les athlètes à travers des encadrements techniques, des stages ponctuels et un suivi rapproché. Dans plusieurs cas, ce sont les dirigeants eux-mêmes qui contribuent financièrement afin de permettre aux archers de participer aux compétitions.
Les perspectives restent néanmoins ambitieuses. La fédération souhaite étendre la pratique du tir à l’arc dans les provinces et renforcer la formation des encadreurs afin d’améliorer le niveau technique des athlètes. L’objectif à cet effet est de participer de manière plus régulière et plus compétitive aux rencontres internationales avec l’ambition de décrocher des médailles et de qualifier des archers pour de grands rendez-vous sportifs.
Pour y parvenir, Ambassadeur Colombe Nguelet lance un appel aux autorités publiques, particulièrement au ministère en charge des Sports, ainsi qu’aux partenaires privés et aux institutions internationales. « Investir dans le tir à l’arc, c’est investir dans la jeunesse, dans la discipline et dans le rayonnement du Tchad à l’international », conclut-il. Avec un accompagnement réel et durable, cette discipline pourrait franchir un nouveau cap et s’imposer davantage sur la scène africaine et mondiale.
Man-Ya Allah Gisèle











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