Pendant que le monde célèbre le football au Mexique, aux États unis et au Canada, la réalité sous les étoiles tchadiennes est autre. Un fait inattendu qu’on peut qualifier de scandale secoue la scène. Le Tchad s’est offert en spectacle, pas sur une pelouse mais par média interposé.
A la web émission sur le Réseau des Citoyens, le coach Raoul Savoy se déchaine à la surprise de tous. Il cite nommément, cinq internationaux dont le capitaine Marius Mouandilmadji comme étant à l’origine des cuisantes défaites face au Burundi aux matchs aller-retour (8 buts encaissés). A la suite de ces déclarations, la Fédération Tchadienne de Football Association revient à la charge pour enfoncer le clou en qualifiant le comportement des internationaux mis en cause de « trahison à la nation » et « d’appel au boycott ». Cette dernière a ouvert une enquête pour confirmer ou infirmer les faits. En attendant, les joueurs concernés ne peuvent pas faire l’objet de sélection en cas de compétition.
La réplique est au rendez-vous. Le capitaine Marius Mouandilmadji a répondu en mettant en avant le sens du patriotisme qui l’anime lui et ses coéquipiers au vu des conditions dans lesquelles ils jouent. Selon lui, ces accusations sont graves et portent atteinte à leur personnalité. « J’ai fait procéder au dépôt d’une sommation interpellative aux fins de mise en demeure déposé au secrétariat du président de la FTFA, par l’intermédiaire d’un huissier de justice, afin qu’il présente l’ensemble des preuves matérielles ou de toute autre nature dans un délai légal de 8 jours », a-t-il écrit. Ces faits tels que suivis, n’honorent pas le Tchad quand on jette un regard rétrospectif. Le Tchad était parmi les pays qui ont bénéficié d’un programme de relèvement du football au même titre que le Cap Vert. Aujourd’hui, ce dernier participe à la coupe du monde avec une performance remarquable. Pourquoi pas le Tchad ?
Avoir une vision commune
Le football tchadien se retrouve dès lors dans une marre d’imbroglio où le sentiment de fierté fait place à un sentiment de détestation. Ces faits donnent l’impression que les acteurs du football tchadien ne sont pas alignés sur les mêmes objectifs. Mais au-delà de tout ; il n’en demeure moins que l’attention doit être accordée aux acteurs de premiers plans, les joueurs. Le ministre en charge des Sports, Abakar Naïr en répondant aux sénateurs sur le sujet le 29 juin 2026 a déclaré que le « Tchad est grand que tout ». Cette phrase résume le fait que l’exploit du football réside dans une alchimie collective. Longtemps, la gestion de la fédération a été l’objet de dissension entre les dirigeants. La situation relève souvent d’une course vers des intérêts personnels que nationaux.
Nul n’ignore l’amour que les Tchadiens portent pour le football. Il suffit juste de faire un tour dans les cinés clubs le soir lorsqu’il y a des championnats internationaux ou encore dans les stades quand les Sao jouent. Pourquoi les particularités négatives doivent-ils enlever ce plaisir aux amoureux du ballon rond ? Le patriotisme doit prévaloir à tous les niveaux sinon tout investissement d’où qu’il vienne sera au service des personnes que du développement réel du football. Les Sao basket U-18 ont bien démontré que ce ne sont pas forcément les mieux lotis qui gagnent les grandes batailles mais ceux qui aiment porter avec orgueil le nom de leur pays, le Tchad.
Badoum Oumandé Henri












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