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Importations : L’exonération nourrit l’espoir d’un marché mieux approvisionné

L’exonération des droits et taxes à l’importation de certains produits alimentaires, intrants et équipements agricoles suscite des attentes chez les commerçants et les consommateurs. Si les importateurs espèrent alléger leurs charges et renforcer leurs opérations, les ménages attendent surtout une amélioration de l’accès aux denrées et des prix plus abordables.

Dans un arrêté signé le 9 septembre 2026, le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, dispense de droits et taxes à l’importation plusieurs catégories de produits. La mesure concerne certains produits destinés à l’alimentation humaine et animale, ainsi que des intrants et équipements agricoles et hydrauliques. Elle vise principalement les semences fourragères, les fourrages, la provende, les équipements de forage et de pompage, les matériels d’approvisionnement en eau et les intrants destinés à la production de cultures fourragères.

Cette décision est accueillie favorablement par plusieurs acteurs du commerce. Pour Walid Issa Hassan, commerçant importateur, la mesure devrait faciliter l’approvisionnement du marché et alléger une partie des charges supportées par les opérateurs. « La réduction des taxes à l’importation permet aux commerçants de diminuer certaines charges », avance-t-il. D’après lui, transport, dédouanement et logistique constituent des dépenses qui peuvent continuer à peser sur les marchandises. « Leur maîtrise sera donc déterminante pour que les consommateurs puissent réellement ressentir les effets de la mesure ».

Au marché à Mil, Ismaïl H. S., aussi commerçant importateur voit également dans cette décision un soutien à l’activité commerciale. « Le premier effet attendu est la continuité des importations et la régularité de l’approvisionnement », soutient-il. Pour lui, une baisse des prix pourrait intervenir progressivement, mais elle restera tributaire de plusieurs paramètres, notamment les prix dans les pays d’origine et les conditions d’acheminement des marchandises.

Des charges allégées, des attentes fortes

La mesure pourrait également donner davantage de marge de manœuvre aux commerçants. Moussa M. T., estime qu’une diminution des charges liées aux importations permettrait aux opérateurs de mieux gérer leur trésorerie entre l’achat des marchandises, le transport, le stockage et le réinvestissement.Selon lui, cette nouvelle donne pourrait encourager certains commerçants à développer leurs activités ou à diversifier leurs produits. Elle constitue aussi, à ses yeux, un signal favorable pour la poursuite des importations.

Du côté des consommateurs, les attentes sont plus directes. Ramadji Angeline, ménagère rencontrée au marché de Dembé, espère avant tout une baisse du prix des denrées alimentaires. « Quand les choses sont moins chères au marché, on mange à notre faim », confie-t-elle. Djanabay F., père de famille, se montre plus prudent. Il rappelle que de précédentes décisions n’ont pas toujours produit les effets attendus sur les marchés. « L’Etat doit cette fois veiller à ce que les commerçants se montrent un peu cléments en termes de prix», plaide-t-il, alors que le coût de la vie continue de peser sur les ménages.

L’exonération concerne également certains intrants et équipements destinés aux activités agricoles et pastorales. Une perspective qui intéresse particulièrement Harouna Hassan, agriculteur basé au village Bardé dans la sous-préfecture de Linia. Il considère la mesure comme une « bonne nouvelle », notamment dans un contexte qu’il juge difficile pour la production agricole. Face au déficit pluviométrique de la saison, il compte sur un accès plus abordable aux intrants et au matériel nécessaire aux cultures de contre-saison.

Chez les agriculteurs aux commerçants, en passant par les consommateurs, les attentes convergent ainsi autour d’un même enjeu. La portée réelle de la décision dépendra toutefois de sa mise en œuvre et de l’évolution des autres charges qui interviennent dans la formation des prix.

Sikngaye Tamaltan Inès

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