Le 8 août 2022 à Doha au Qatar, les autorités de transition du Tchad et une quarantaine de groupes politico-militaires avaient signé un accord de paix. Cet accord avait ouvert la voie au Dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Cette étape demeure l’une des initiatives majeures engagées pour tenter de mettre fin au cycle de rébellions armées et d’affrontements qui ont longtemps fragilisé le Tchad. Quatre ans après, qu’en-est-il de ces autres acteurs demeurés réticents, malgré la constante volonté des plus hautes autorités d’enterrer définitivement la hache de la guerre?
Fruit de cinq mois de négociations sous la médiation du Qatar, l’accord avait notamment pour ambition de créer les conditions d’un cessez-le-feu, la réforme de l’armée, du désarmement et de la réinsertion des combattants, de l’amnistie ainsi que de la participation des mouvements politico-militaires au dialogue national inclusif et souverain.
Sur les 52 mouvements présents aux discussions, une quarantaine des politico-militaires ont signé cet accord à l’exemple de l’Union des Forces de la Résistance (UFR) de Timane Erdimi, Union des Forces pour la Démocratie et le Développement (UFDD) dirigé par Mahamat Nouri. Certains groupes politico-militaires, notamment le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) et le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMSR) à l’exception du CCMSR/R, n’ont pas apposé leur signature. Ces derniers, ont estimé que certaines de leurs revendications n’avaient pas été suffisamment prises en compte.
La paix n’est pas un simple mot, mais c’est un comportement dit-on. Elle est une condition sine qua non pour ledéveloppement. Mais peut-on construire cette paix durable au Tchad sans l’adhésion de l’ensemble des acteurs qui ont, d’une manière ou d’une autre, pris part à la confrontation armée ?
C’est dans ce sens que la démarche engagée par le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, qui, depuis son accession à la tête de la transition à nos jours, a tendu sa main aux mouvements politico-militaires sans distinction, aux leaders de la societé civile exilés, aux activistes et exilés politiques pour la restauration de la paix.
Le refus de certains groupes armés à accepter la main tenduedu président, estimant que le népotisme, le clientélisme, le régionalisme, le favoritisme, la mauvaise gestion de la chosepublique, le détournement des biens publics, la corruption, les inégalités dans les nominations, l’injustice et l’impunité n’ont pas été enrayés totalement. Et la paix recherchée n’est pas encore effective. Mais ces pratiques ne doivent pas fermer les portes de la négociation et hypothéquer la politique de la main tendue auprès de ceux qui, pour des raisons politiques, militaires ou liées à la confiance, ont choisi de rester à l’écart.
Pour la paix définitive au Tchad, le gouvernement doit bannir ces pratiques malsaines qui gangrennent l’ensemble de l’administration publique. Il doit également créer un climat propice sans distinction à toutes les filles et fils et, en leur offrant les mêmes opportunités de travail pour qu’ils puissent contribuer au développement du pays. Les mouvements armésnon signataires de l’accord, doivent aussi comprendre que la poursuite de la lutte armée ne peut constituer une solution durable aux problèmes politiques du pays, ni à son programme national de développement Tchad-Connexion 2020-2030, moins encore à son émergence.
Le cycle de la rébellion, de la confrontation, desrevendications armées doit s’arrêter. Cette pratique a longtemps nourri l’instabilité, fragilisé l’économie nationale, déplacé les populations et entretenu une culture de méfiance entre les différentes composantes de la nation.
Le FACT, le CCMSR et les autres mouvements armés qui demeurent encore réticents à la main tendue du président de la République, Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno,devraient, eux aussi, mesurer leur responsabilité historique. Accepter ne signifie pas renoncer à ses convictions, mais revèle son engagement à servir le pays.
Abakar Gombo Doungous










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