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 « Le Tourbillon des Amazones de l’Art » : Un tremplin pour la visibilité des femmes

Prévue du 28 octobre au 1er novembre 2026 à la maison du quartier de Chagoua dans le 7èmearrondissement, la 5ème édition du festival « Le Tourbillon des Amazones de l’Art » entend mettre en honneur les femmes artistes. Portée par Tokari Virginie Doumantangar, cette initiative ambitionne de promouvoir les talents féminins, renforcer leurs compétences et créer des opportunités de collaboration.

Donner aux femmes artistes un espace où elles peuvent exprimer pleinement leurs talents et faire reconnaître leur contribution à la vie culturelle tchadienne. C’est l’ambition du festival « Le Tourbillon des Amazones de l’Art », une initiative consacrée exclusivement à la promotion de la création artistique féminine. À travers cette plateforme, sa promotrice Tokari Virginie Doumantangar veut corriger le déficit de visibilité des femmes dans un secteur où les hommes occupent encore une place prépondérante. « Le plus souvent, on s’entretient avec les hommes et la femme artiste n’a pas vraiment sa visibilité. Pourtant, elle peut beaucoup apporter », explique-t-elle pour justifier la création de ce rendez-vous culturel.

Initialement baptisée « Les 72 heures des Amazones de l’Art », la manifestation a été conçue comme un espace pluridisciplinaire. Théâtre, musique, danse, conte, slam, marionnettes et expositions artisanales figurent parmi les expressions artistiques mises à l’honneur. Le choix de cette diversité répond à la volonté de ne laisser aucune corporation féminine en marge de la scène culturelle.

En plus des spectacles, le festival se distingue par l’importance accordée à la formation et au renforcement des capacités des femmes artistes. Les quatre précédentes éditions ont  permis d’accueillir des professionnelles venues du Cameroun, du Danemark, du Burkina Faso et de la France. Pour cette cinquième édition, dix jeunes filles bénéficieront d’une formation en jeu d’acteur, du 22 octobre au 1er novembre 2026.

Le festival adopte une vision qui s’appuie sur des expériences concrètes. Dans le cadre d’un projet soutenu par la GIZ, sa promotrice affirme avoir formé 30 jeunes dont 15 filles et 15 garçons. Trois d’entre eux ont ensuite participé à la création théâtrale « L’Odeur du passé » de l’auteur béninois Hermas Baguidi, mise en scène par ses soins. Le spectacle a été présenté le 17 Avril 2026 à l’Institut français du Tchad, avant d’être porté à un festival à Libreville, au Gabon, à la fin du mois de juillet de la même année.

Un rendez-vous fragilisé par le manque de moyens

Malgré ces ambitions, la cinquième édition se prépare dans un contexte financier difficile. A quelques jours de l’événement, la promotrice affirme n’avoir reçu aucun financement pour assurer la venue des délégations étrangères. Cinq pays à savoir la France, la République centrafricaine, le Cameroun, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire étaient pourtant pressentis comme participants. Au-delà des contraintes logistiques, Tokari Virginie déplore les difficultés rencontrées dans la mobilisation des partenaires financiers. Elle plaide ainsi pour un accompagnement plus conséquent des autorités en faveur des initiatives culturelles privées. « La grande difficulté est toujours d’ordre financier », insiste-t-elle, préoccupée par la pérennité d’un projet qu’elle porte souvent avec des moyens limités.

Pour assurer la continuité du festival, la promotrice envisage de renforcer son équipe en s’entourant davantage de professionnels comme des monteurs de projets et des communicateurs. Elle reconnaît que le travail réalisé jusque-là, souvent seule, ne permet pas de garantir durablement le développement de cette manifestation.

Née le 29 août 1980 à Moundou, Tokari Virginie Doumantangar est artiste comédienne, metteuse en scène, actrice de cinéma et marionnettiste. Institutrice de formation, elle découvre le théâtre en 1997 au lycée de Melfi dans le Guerra avant d’intégrer en 1998, la troupe « La Voix du Sahel » au lycée Félix-Éboué. Après une interruption de quelques années, elle reprend ses activités artistiques en 2005 au sein de l’association culturelle d’échanges Kadja Kossi, dirigée par Mariam Mayoumbila. En 2008, elle rejoint l’École internationale de théâtre du Bénin pour approfondir sa formation. Cette expérience renforce son engagement dans le milieu artistique et nourrit sa volonté de contribuer à la promotion des femmes dans le secteur culturel. Elle crée en 1998, l’association « Les Amazones de l’Art », dédiée à la valorisation des femmes artistes de toutes les corporations, ainsi que l’association « Colombe de humours ».

Man-Ya Allah Gisèle

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