Moundou accueille ce jeudi 11 juin, une session de renforcement des capacités destinée aux journalistes et aux acteurs de la société civile sur les questions liées à la désinformation, aux discours de haine et à la communication non violente, organisée par l’ONG ACRA dans le cadre de son projet “MULLIB-PENSE LIBRE L”, cofinancé par l’Union Européenne. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le coordonnateur provincial de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) pour les deux Logone, Djimhamdingam Bertin.
Les participants aborderont plusieurs thématiques, notamment la typologie des fausses informations au Tchad, les mécanismes de l’intelligence artificielle générative, l’identification des biais, des stéréotypes et des discours de haine en contexte local, ainsi que les principes de la communication non violente ,les modules prévoient également des échanges sur la modernisation des pages Facebook des médias, la gestion des rumeurs dans les groupes WhatsApp communautaires et les bonnes pratiques de communication numérique.
Selon les organisateurs, cette initiative entend renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu’ils assument pleinement leur rôle d’éducateurs et de sensibilisateurs auprès des populations. Grâce à leur proximité avec les communautés, les médias demeurent des acteurs clés dans la diffusion d’informations fiables et dans la promotion de la cohésion sociale.
Le coordonnateur technique du projet « Pense Libre », Dingaonaïmou Césaire, a rappelé les enjeux liés à l’expansion des technologies de l’information et des réseaux sociaux. « Nous vivons une époque où les technologies de l’information et les réseaux sociaux ont démocratisé la parole publique. Cette révolution numérique représente une formidable opportunité de développement, mais elle comporte également des risques majeurs, notamment la prolifération des discours de haine et de la désinformation », a-t-il déclaré. Selon lui, ces phénomènes constituent aujourd’hui une menace sérieuse pour la paix et la stabilité des communautés. Il a souligné que les professionnels des médias et les acteurs de la société civile occupent une position stratégique dans la lutte contre ces dérives, « Vous êtes les gardiens de l’information, les relais d’opinion et les thermomètres sociaux de vos communautés. Les mots ont un poids : ils peuvent détruire ou bâtir, diviser ou rassembler », a-t-il insisté, invitant les participants à utiliser les connaissances acquises pour sensibiliser les populations et renforcer la résilience des communautés face aux crises.
Le coordonnateur provincial de la HAMA des deux Logones, Djimhamdingam Bertin, a mis en garde contre la multiplication des fausses informations relayées par certaines personnes se présentant comme journalistes sans respecter les règles de la profession. « Les fake news constituent aujourd’hui le fonds de commerce de certains individus qui s’improvisent journalistes, même les professionnels peuvent parfois tomber dans le piège et relayer involontairement de fausses informations », a-t-il affirmé.
Makasra Addi, Correspondant de l’ATPE à Moundou












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