Le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a procédé le jeudi 25 juin 2026 à N’Djamena, au lancement officiel du projet « Vivre Ensemble ». Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce projet vise à renforcer la cohabitation pacifique dans les provinces du Borkou, de l’Ennedi Est, de l’Ennedi Ouest et du Tibesti.
Les provinces du Borkou, de l’Ennedi Est, de l’Ennedi Ouest et du Tibesti occupent une place particulière dans l’espace saharo-sahélien. Terre de mobilité, de transhumance et d’échanges transfrontaliers, cette vaste région du nord du Tchad est aussi confrontée à des défis économiques, sociaux et sécuritaires qui peuvent fragiliser la cohésion entre les communautés. C’est dans ce contexte qu’intervient le projet « Vivre Ensemble », conçu pour favoriser une coexistence pacifique entre populations hôtes, migrants et retournés.
Le programme repose sur trois axes principaux. Il prévoit d’améliorer l’accès aux documents d’état civil et aux services sociaux de base, afin de renforcer l’inclusion et l’accès aux droits des populations, notamment dans les zones les plus éloignées. Il entend ensuite soutenir les moyens de subsistance à travers des formations, des activités génératrices de revenus et l’accompagnement d’initiatives locales, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes. Enfin, il vise à renforcer la gouvernance migratoire en appuyant les institutions impliquées dans la lutte contre la traite des personnes, le trafic illicite de migrants et la protection des populations vulnérables.
Pour Aminta Dicko, cheffe des programmes de l’OIM au Tchad, ce projet traduit l’engagement commun du gouvernement tchadien, de l’Union européenne et de son organisation en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable dans le nord du pays. Selon elle, l’initiative repose sur une conviction simple : dans des territoires confrontés à des défis de développement persistants, la stabilité ne peut être durable sans inclusion, accès aux droits et perspectives économiques pour les populations. « Le vivre ensemble ne se décrète pas. Il se construit, jour après jour, à travers l’accès aux droits, les opportunités économiques, le dialogue, la protection et la confiance entre les communautés et les institutions », a souligné la responsable de l’OIM.
Pour elle, la réponse à ces défis passe par des approches intégrées capables d’agir simultanément sur l’inclusion sociale, la résilience économique, la gouvernance locale et la cohésion entre les communautés. Elle a également salué la capacité de résilience des populations du nord du Tchad qui, malgré les contraintes, continuent de faire preuve d’une grande faculté d’adaptation.
Une réponse aux défis du nord du Tchad
Le chef de coopération de la Délégation de l’Union européenne au Tchad, Karl Rawert, a rappelé que les provinces du BET évoluent dans un environnement particulièrement sensible. Frontalière de la Libye, cette région est confrontée à d’importants flux migratoires dans un contexte où la cohésion sociale demeure parfois fragile. Les sites aurifères transfrontaliers attirent des milliers de personnes venues du Tchad et des pays voisins, notamment du Soudan. Ces flux favorisent la constitution de foyers de criminalité, alimentant les trafics illicites à travers l’espace saharien. Dans ce contexte, la stabilité de cette zone frontalière est déterminante pour celle du Tchad, pays entouré de crises multiples. La stabilité de cette zone frontalière est d’après Karl Rawert, essentielle pour celle de l’ensemble du pays.
Procédant au lancement officiel du projet, le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin a indiqué que cette initiative s’inscrit pleinement dans les orientations de développement définies par les plus hautes autorités du pays. Selon lui, le projet contribue directement à plusieurs priorités du programme des « 12 chantiers et 100 actions » du président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Il a également mis en avant la cohérence du projet avec les objectifs du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». L’amélioration de l’accès aux services sociaux de base dans les provinces concernées participe à la réduction des inégalités territoriales, tandis que les actions en faveur de l’emploi et des moyens de subsistance répondent aux ambitions nationales en matière de développement économique.
Pour Tahir Hamid Nguilin, le renforcement de la gouvernance migratoire constitue aussi un enjeu stratégique pour le pays. En soutenant la lutte contre la traite des personnes et les flux illicites, le projet contribue à l’ambition de faire du Tchad un espace de stabilité et un carrefour logistique au cœur de l’Afrique.
Sikngaye Tamaltan Inès












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