Dans le cadre de la mission gouvernemetale d’évaluation des activités agricoles et pastorales, les autorités locales du Kanem ont présenté leurs principales préoccupations et formulé des recommandations pour soutenir les producteurs.
Ertchey Mahamat Ali, Délégué provincial de la Production et de l’Industrialisation agricole du Kanem, a relevé les difficultés auxquelles font face les producteurs de la province.
Ertchey Mahamat Ali a rappelé que l’agriculture constitue une importante activité économique pour une population majoritairement rurale et représente un pilier essentiel de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon lui, le secteur agricole reste particulièrement vulnérable aux aléas climatiques. Cette année, le déficit pluviométrique enregistré dans la province compromet le déroulement normal de la campagne agricole. « Les données de l’ANADER à la date du 31 août indiquent qu’à travers les postes visités, aucun poste n’a enregistré 100 mm de pluie », a indiqué le délégué. Cette situation, jugée préoccupante, perturbe le calendrier agricole et accentue les difficultés des producteurs.
À ces contraintes climatiques s’ajoutent plusieurs difficultés structurelles, notamment l’insuffisance des matériels agricoles pour mener la campagne de contre-saison, le faible niveau d’encadrement technique des producteurs ainsi que les difficultés d’accès à des intrants de qualité et adaptés aux conditions climatiques de la province.
Pour faire face à cette situation, Ertchey Mahamat Ali préconise plusieurs mesures. Il plaide notamment pour l’introduction de semences améliorées et performantes, un accès au carburant nécessaire à l’irrigation des parcelles, le renforcement de l’encadrement technique des producteurs ainsi que la réalisation d’aménagements agricoles.
Le délégué de la production agricole a attiré également l’attention sur le potentiel inexploité des ouadis. « 700 ouadis existants dans la province ne sont pas exploités faute d’équipements », a-t-il souligné.
Ces espaces cultivables sont par ailleurs confrontés à d’autres menaces, notamment l’ensablement. Les dunes de sable gagnent progressivement certaines terres agricoles, tandis que l’absence de clôtures autour de plusieurs champs favorise la divagation des animaux et la destruction des cultures. À ces difficultés s’ajoutent enfin les conflits entre communautés, qui peuvent également affecter les activités agricoles et l’accès aux espaces cultivables.
Selon le délégué, la mise à disposition des moyens matériels et techniques apparaît indispensable pour permettre aux producteurs de maintenir leurs activités malgré le déficit pluviométrique et renforcer la résilience du secteur agricole dans la province.












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