L’amnésie est un phénomène qui touche des millions de personnes à travers le monde. A la suite d’un traumatisme, d’une maladie ou d’autres facteurs, Elle soulève de nombreuses questions sur la mémoire humaine et ses fragilités. Le professeur en psychologie de l’éducation, Mahamat Alkabir Abdallah Makki, s’exprime sur les différents types d’amnésie, leurs causes, les facteurs qui favorisent leur apparition, et des éventuels traitements.
Perte partielle ou totale de la mémoire, l’amnésie est un mal qui se vit. Haoua S, jeune femme et mère au foyer, explique qu’elle ne se rappelle pas de certains détails même lorsque l’événement est récent. « J’ai toujours de problème avec les membres de ma famille qui trouvent que je fais exprès. Il suffit que je ne rencontre plus une personne des mois pour ne plus me rappeler d’elle », a-t-elle témoigné.
Ali M, père de famille explique que son ami, après un accident de moto, a eu un choc crânien. Il déclare qu’à l’hôpital, il était inconscient jusqu’à son évacuation où il a été opéré et hospitalisé pendant 21 jours. « De retour au pays, il ne se rappelait plus de nous sa famille et ses amis, ni de son passé. Ce n’est qu’après plus d’une année qu’il a recouvert la mémoire progressivement », a-t-il indiqué.
Le psychologue Pr Mahamat Alkabir Abdallah Makki, indique qu’une personne perd des informations qu’elle avait préalablement enregistrées pour qu’il y ait oubli. Il faut obligatoirement qu’une information ait été conservée en mémoire puis perdue. L’amnésie peut être totale ou partielle, soit la personne oublie l’intégralité des informations stockées, soit elle n’en oublie qu’une partie. Elle peut être permanente comme c’est le cas dans les situations de démence ou de maladie d’Alzheimer. Ou encore temporaire, comme ce qui arrive aux étudiants sous l’effet du stress ou de l’anxiété pendant un examen.
Pour Mahamat Alkabir Abdallah Makki, les causes et les facteurs de la perte de mémoire s’expliquent par diverses raisons. « Ces causes sont principalement divisées en facteurs psychologiques, organiques, médicamenteux, toxiques et nutritionnels, en plus d’autres facteurs secondaires. », a-t-il affirmé.
Selon le psychologue, les causes psychologiques comme l’anxiété, le stress et les émotions intenses désorganisent les informations, en particulier celles récemment acquises. Il poursuit que les causes organiques sont les traumatismes crâniens, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les caillots, les infections et maladies cérébrales, la maladie d’Alzheimer et démence, les médicaments, les drogues, l’alcool et la malnutrition.
Le professeur précise que les facteurs de la perte de mémoire ne sont pas les mêmes chez tout le monde. Pour lui, les facteurs varient selon les personnes en raison de la nature propre à chaque individu et sa capacité de résistance.
Des mesures de correction existent
De son point de vue, la mémoire peut retrouver son fonctionnement normal une fois le problème psychologique maîtrisé et surmonté. Il poursuit que pour les traumatismes crâniens, ils peuvent être soignés tant qu’ils n’ont pas entraîné la mort des cellules cérébrales. Pour le psychologue, si la cause de l’amnésie est due aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), un traitement médical ou des interventions chirurgicales permettent parfois d’en traiter les séquelles. « Pour la maladie d’Alzheimer, son traitement reste difficile en raison de l’atrophie et de la détérioration irréversible des cellules cérébrales liées à la mémoire. Il est toutefois possible de ralentir la progression de la maladie grâce à des prises en charge psychiatriques et médicales » soutient-t-il.
Les mesures de protection de la mémoire sont la lecture continue qui stimule activement la mémoire. « Pratiquer des mots croisés ou résoudre des énigmes permet de maintenir l’activité cérébrale. La consommation de vitamines et d’aliments adaptés, prescrits par des nutritionnistes, renforce la mémoire et réduit le risque d’Alzheimer. L’activité sportive aide les artères à éliminer le cholestérol et à irriguer le cerveau de manière fluide. Un apport suffisant en oxygène, en eau et en nutriments permet au cerveau de fonctionner efficacement et prévient le vieillissement cérébral précoce », exhorte-t-il.
Pour Pr Mahamat Alkabir Abdallah Makki, il existe des cas plus complexes de traitement de l’amnésie. Il déclare qu’il faut d’abord traiter l’origine médicale de la lésion ou de la pathologie. Selon lui, après la phase médicale, la mémoire nécessite un entraînement spécifique ciblant l’attention, la remémoration et la pensée positive. Il précise qu’un contrôle médical régulier est indispensable pour s’assurer du rétablissement progressif des fonctions mémorielles.
Naïma Ahmed Beïn










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