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Politique

Vie parlementaire : Bientôt un code de conduite pour encadrer la parole

A l’ouverture de la seconde session ordinaire 2026 de l’Assemblée nationale, son président Ali Kolotou Tchaïmi, a fait une annonce qui, loin d’être anodine, pose la question de la prise de parole des représentants du peuple. L’idée de tendre vers un cadre normatif encadrant la parole des députés répond surtout au défi des dérives expressives au moment où la communication des responsables politiques est souvent face aux enjeux de la rapidité et de récupération favorisées par l’avènement des réseaux sociaux.

Le “Code d’éthique et déontologie des députés” évoqué n’est pas une nouveauté en la matière. Il est simplement question de formaliser le cadre de responsabilité de ces derniers dans la prise de parole publique. Au moment où la frontière entre la vie privée et la sphère publique d’expression pour ceux qui assument des hautes fonctions devient difficile à être délimitée, cette précaution n’est pas une option. Elle est une obligation qui doit accompagner  « la rigueur et la mesure qui doivent caractériser la parole du parlementaire, particulièrement sur l’espace numérique » comme l’a rappelé le Président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi.

Pour couper court aux critiques et rumeurs sur une éventuelle volonté de museler les travaux parlementaires, le président de l’Assemblée nationale a soutenu que la liberté de parole est intimement liée à l’exercice du mandat de député et participe à la vitalité démocratique du pays ; mais  « elle doit cependant s’exercer avec responsabilité, éthique et respect des personnes et des institutions ». L’initiative est censée aussi redonner, dans le cadre des canaux constitutionnels et règlementaires, à la parole parlementaire toute sa force et la puissance politique qui vont avec. Ces canaux sont, entre autres, les interpellations, les questions écrites et orales, les questions d’actualité, les commissions d’enquête, les motions de censure qui permettent aux parlementaires de contrôler l’action gouvernementale et d’évaluer les politiques publiques.

La démarche de l’Assemblée nationale n’est ni nouvelle, ni une spécificité tchadienne. Des parlements de plusieurs pays disposent de tels mécanismes de canalisation de parole publique; mais les résultats engagés sont minces par rapport aux dérives enregistrées. C’est à ce niveau qu’elle pose des questions quant à sa réelle portée. Dans la plupart des cas, les sanctions pour non-respect des principes déontologiques sont disciplinaires et beaucoup de parlementaires n’y accordent pas trop de considération.  A côté d’une démarche pareille, le mieux serait de s’appuyer sur la capacité de chaque député à reconnaître sa place, sa responsabilité, les conséquences de son discours, et la retenue nécessaire à sa fonction. L’autre pan du problème est aussi l’appropriation des outils numériques qui, pour beaucoup, demeurent une nouveauté et donc avec son effet de mode dévastateur. Dans sa vision d’assainir l’espace numérique, le parlement devrait également regarder vers des institutions de contrôle ou de sanction comme l’Agence nationale de sécurité informatique et de certification électronique (ANSICE) afin d’harmoniser les moyens de lutte contre des discours peu respectueux des uns et des autres.

Blaise Mbaïadoumbeye

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