35ème année de la Journée de la liberté et de la démocratie, Hassan Ahmat Pacha, président de la Convention nationale démocratique et sociale (CNDS), jette un regard rétrospectif sur la marche politique du Tchad. Il salue la chute d’un régime autoritaire tout en appelant à une appropriation des acquis démocratiques tout en soulignant que le combat pour les libertés, la justice et la bonne gouvernance reste d’actualité.
Le président de la CNDS, Hassan Ahmat Pacha, souligne que le 1er décembre 1990 est une date historique et inoubliable pour tout le peuple tchadien. Il affirme qu’on ne peut parler de démocratie au Tchad sans faire référence à ce jour symbolique, consacré comme Journée de la liberté et de la démocratie, et inscrit comme jour férié, chômé et payé dans la loi fondamentale du pays. Pour lui, sans cette date, le Tchad ne serait jamais passé du monopartisme au multipartisme. Car elle marque la fin du parti unique et l’ouverture à la pluralité politique, ouvrant ainsi la voie à l’instauration de la démocratie dans le pays.
Pour son parti, la Convention Nationale Démocratique et Sociale (CNDS), fondé le 5 avril 1992, le 1er décembre 1990 symbolise l’avènement du multipartisme au Tchad. C’est grâce à cette date que la CNDS a vu le jour, et que le pays compte aujourd’hui plus de 500 partis politiques ainsi que de milliers d’associations. Elle a également permis l’émergence de journaux indépendants, de radios privées et d’autres espaces de liberté d’expression. Ce jour restera gravé dans les annales de l’histoire du Tchad.
« L’avènement de la démocratie nous a permis d’organiser d’abord la Conférence Nationale Souveraine de 1993, la mise en place d’un Conseil Supérieur de Transition, une sorte de Parlement Provisoire, et d’organiser les premières élections de l’ère démocratique. Il s’en est suivi des forums et dialogues entre les Tchadiens de toutes les couches sociales afin de sortir le pays de l’impasse et d’organiser les autres élections à savoir les référendaires, les Présidentielles, les législatives et les locales », a-t-il précisé. Et de poursuivre que « pour la première fois dans l’histoire, le Tchad se dote d’un parlement bicaméral et a pu asseoir les Conseils provinciaux pour une implication de la population dans la gestion de la chose publique ». Ce sont des processus à saluer et à encourager malgré qu’en politique tout n’est blanc ni rose.
Pour les libertés politiques, toutes les formations politiques légalement constituées participent et animent la vie politique. Chaque parti politique exprime librement ses opinions sur toutes les questions liées à la vie politique du pays sans être inquiété. C’est un pas très significatif.
Sauf que nous déplorons le retrait de nos amis de Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) de la vie politique du pays. Quand bien même que c’est une décision souveraine, mais nous les exhortons à réintégrer les plis, car la politique de la chaise vide n’a jamais payé. C’est aussi grâce à cette démocratie que l’opposition dispose d’un chef de file et bien encore, c’est grâce à cette démocratie que nous nous trouvons à l’hémicycle pour représenter la population. C’est toujours grâce à cette démocratie que je dirige le groupe parlementaire “les Sociaux-Démocrates” à l’Assemblée Nationale.
En Afrique noire francophone tout comme au Tchad, l’avènement de la démocratie et du multipartisme date de 1990, après la conférence de la Baule en France. Donc, la démocratie tchadienne est encore très jeune et c’est normal qu’on l’améliore. Les défis auxquels elle fait face sont énormes. Nous déplorons également l’insuffisance de maturité politique du peuple tchadien qui, en matière de vote, choisit un homme ou une personne que le projet. Il y a également le manque d’alternance à la tête de certains partis politiques. La culture du communautarisme et les incessantes rébellions qui fragilisent notre démocratie.
Pour enraciner profondément notre démocratie, les leaders politiques doivent être des démocrates et cultiver la culture démocratique. Ils doivent également intensifier les campagnes de sensibilisation de leurs militants pour mieux appréhender le concept politique. Selon le philosophe Franz Fanon « s’enfoncer dans le corps du peuple », « multiplier les contacts avec les masses rurales » et de façon plus générale, laborieuse, être « le porte-parole énergétique et le défenseur incorruptible de la masse ».
« L’autorité de l’Etat est à restaurer »
Face à ces défis, Hassan Ahmat Pacha trouve judicieux de promouvoir entre autres, l’alternance au sein des partis politiques, d’adapter les textes aux réalités du pays, de promouvoir la bonne gouvernance, de mettre en place un Code de consultation des acteurs politiques et d’accélérer la politique de réconciliation nationale en tendant la main aux frères qui hésitent de déposer les armes.
Le président de la CNDS a indiqué que pour renforcer la liberté, la justice et la démocratie au Tchad, il faut que l’autorité de l’État soit restaurée à tous les niveaux. L’État qui doit également asseoir une administration du Pays. On doit également asseoir une administration publique respectueuse des règles et principes de justice, d’équité et d’égalité. Il pense aussi que les Tchadiens doivent œuvrer davantage pour la paix, la réconciliation nationale et valeurs incarnées par le président de la République, Maréchal IDRISS DÉBY ITNO.
Enfin, il suggère au Gouvernement de mettre en place un cadre de dialogue et de concertation des acteurs politiques pour la transformation du Tchad en un véritable Etat démocratique et libre dans le respect de l’unité nationale. « On doit définitivement enterrer la hache de guerre et se tourner résolument vers l’émergence de notre pays », a-t-il dit en substance
Jules Doukoundjé












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