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Taux d’achèvement scolaire : Entre défis persistants et espoirs de réforme

Au Tchad, le taux d’achèvement scolaire reste l’un des indicateurs éducatifs les plus préoccupants. Malgré des efforts stratégiques du gouvernement et l’appui des partenaires internationaux, une proportion significative d’élèves abandonne avant de terminer le cycle primaire ou secondaire. Pour comprendre les défis, mais aussi les pistes d’amélioration, les témoignages recueillis auprès des acteurs clés du secteur concerné donnent un aperçu clair.

Selon les dernières données du ministère de l’Éducation nationale, le taux d’achèvement scolaire au Tchad est en deçà des objectifs nationaux et des standards internationaux. Si l’accès à l’école a connu une progression au cours de la dernière décennie, l’atteinte des fins de cycles d’études reste un souci dans certaines zones urbaines et rurales « Pour l’année scolaire 2024-2025, nous avons eu un taux d’achèvement de 50% au primaire, 20% au moyen et 19% au secondaire», explique Zenaba Borgo Hassan, directrice de la planification, de l’analyse et de la carte scolaire au ministère de l’Éducation nationale et de la promotion civique. Selon elle, l’idéal est d’avoir 100% à tous les niveaux malgré de nombreux défis. Elle ajoute que les réformes visant à renforcer les programmes scolaires et à améliorer l’accompagnement pédagogique, notamment dans les zones défavorisées sont en cours. « Nous avons lancé de nouvelles initiatives de formation pour les enseignants, et travaillé à renforcer les classes de remédiation pour les élèves en difficulté. Mais ces efforts doivent être soutenus durablement », précise-t-elle.

Adoum Abdelkérim Bahar, secrétaire général de la commission nationale tchadienne pour l’Unesco, met en lumière les efforts conjoints pour soutenir la réussite scolaire. « Le Tchad a fait des progrès notables en matière d’accès à l’éducation, mais l’achèvement des cycles reste un défi qui nécessite des interventions multisectorielles », affirme-t-il.  Pour lui, son institution travaille étroitement avec le ministère en charge de l’Education nationale pour renforcer la collecte de données, promouvoir des approches pédagogiques adaptées et encourager l’équité entre les filles et les garçons. « L’Unesco prévoit l’alphabétisation non formelle, cherche des financements auprès des donateurs pour venir en appui au et gouvernement. L’accent doit être mis sur la qualité de l’enseignement et le soutien aux élèves les plus vulnérables pour pouvoir relever le défi», insiste-t-il.

Vers des solutions durables

Le témoignage de Brahim SeÏd Bissingar professeur certifié en français au Lycée Félix Eboué 2 à N’Djaména aide à comprendre les réalités au quotidien dans les écoles. « Chaque matin, je vois des élèves motivés, mais beaucoup font face à des difficultés que l’école ne peut pas résoudre seule : manque de moyens, situations familiales instables ou encore absence de soutien à la maison », confie-t-il. L’un des principaux obstacles reste l’insuffisance de ressources pédagogiques et de structures d’appui pour les élèves en situation de décrochage. « Nous voyons également que les mariages et les grossesses précoces font partie intégrante des causes d’abandon des classes chez les filles. Et le manque de soutien, le suivisme et l’alcoolisme chez les garçons. Cela necessite un accompagnement des familles et des communautés », ajoute-t-il.

Globalement, l’amélioration du taux d’achèvement scolaire au Tchad nécessite un engagement coordonné entre le gouvernement, des partenaires, des communautés et des écoles elles-mêmes. Ne dit-on pas que l’éducation est un investissement à long terme  et que les résultats ne se mesurent pas seulement en chiffres, mais aussi dans la transformation des vies?

Man-Ya Allah Gisèle

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