Avec Mongo pour chef-lieu, la province du Guéra s’inscrit dans la dynamique de la décentralisation. Entre réalités du terrain et volonté d’agir, le Conseil provincial éprouve d’énormes difficultés pour répondre pleinement aux attentes des populations locales.
Le président du Conseil provincial du Guéra, Ahmat Sorto, se veut toutefois rassurant quant au fonctionnement de l’institution. « Nous sommes installés depuis février 2025. Aujourd’hui, nous totalisons près d’une année d’exercice. Le Conseil est opérationnel et tout se passe globalement bien », a-t-il déclaré. Selon lui, l’institution participe activement à la vie provinciale à travers diverses initiatives inscrites dans son agenda de développement. « Nous avons mené plusieurs activités en lien avec notre vision du développement économique de la province », précise-t-il.
Malgré cette dynamique, les difficultés financières constituent un frein majeur à l’action du Conseil. Ahmat Sorto, souligne que seulement 20 % du budget prévu pour l’exercice 2025 ont été effectivement mobilisés. « Nous n’avons perçu qu’environ 100 millions de FCFA pour toute l’année, ce qui reste largement insuffisant au regard des besoins », déplore-t-il.
Ce manque de ressources limite notamment l’acquisition de moyens logistiques essentiels, tels que les équipements et les moyens de déplacement, indispensables pour assurer une présence effective sur le terrain. Toutefois, le président du Conseil affirme que son équipe reste mobilisée. Après l’élaboration d’un plan de communication, une tournée dans les cinq départements de la province est envisagée afin de renforcer le contact avec les populations et de mieux cerner leurs besoins.
Une population en attente de résultats
Selon Ahmat Sorto, la mise en place du Conseil provincial suscite un réel espoir au sein de la population, qui y voit une opportunité de rapprocher l’administration des citoyens. « La population perçoit cette institution comme un levier de gouvernance de proximité et se montre prête à collaborer », souligne-t-il. Malgré certaines difficultés liées à la répartition des compétences, la collaboration avec les autorités locales est jugée globalement satisfaisante.
Par ailleurs, le président du Conseil provincial du Guéra, mise sur la coopération interprovinciale pour renforcer l’efficacité de l’action publique. Membre de l’Association nationale des provinces du Tchad, il plaide pour une synergie d’action entre les différentes collectivités. « Il est question de créer une dynamique d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques entre les conseils provinciaux », explique-t-il. Tout en reconnaissant que ce processus en est encore à ses débuts, il se montre optimiste quant à l’évolution des relations entre les provinces.
Malgré les contraintes, le Conseil provincial du Guéra entend poursuivre ses efforts pour consolider la décentralisation et améliorer les conditions de vie des populations. Pour ses responsables, la réussite de cette gouvernance de proximité dépendra notamment du renforcement des ressources financières, de la clarification des compétences et de l’implication continue des citoyens.
Naïma Ahmed Beïn












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