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Justice Tchad

Éditorial : Des injonctions non négociables

Dans une note circulaire datée du 23 janvier 2026, le ministre en charge de la Justice a instruit les acteurs de la chaine judiciaire à faire preuve de célérité et de rigueur dans le traitement des dossiers impliquant la traite des personnes. La démarche du ministre est motivée par la volonté de respecter les engagements internationaux du pays. Au Tchad, la traite des personnes prend des formes de plus en plus variées avec des ramifications, rendant complexe la lutte.

Dans le contexte tchadien, certaines pratiques apparentées à la traite des personnes ont cours, aussi bien dans les grands centres urbains que dans les coins reculés. Des informations relayées par les médias rapportent des pratiques d’un autre âge vécus au quotidien par certains Tchadiens à travers tout le pays. Ces pratiques sapent les efforts des gouvernants en matière de lutte. Les autorités tchadiennes ont pris des engagements en souscrivant aux traités internationaux en la matière. C’est le cas, depuis 2009, avec la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et son protocole additionnel. En plus de cette convention, le Tchad s’est doté de la loi n° 006/PR/2018 portant prévention, répression et réparations de la traite des personnes et d’une Commission nationale de lutte contre la traite des personnes en 2021.

En rappelant l’arsenal juridique international et national, le chef du département en charge de la Justice renouvelle l’engagement du pays à bannir toutes les formes de traite des personnes sur le territoire national. Dans cet élan, il est fait obligation aux autorités judiciaires de transmettre à la hiérarchie les dossiers couvrant des faits constitutifs de traite des êtres humains. La finalité est aussi de se doter d’une base de données nationales en vue d’élaborer une politique nationale de lutte contre la traite des personnes.

Aujourd’hui, les textes en vigueur relatifs aux droits de l’Homme, s’ils sont respectés, présentent des enjeux de développement pour des Etats modernes. Dans cette mise en garde, le ministre de la Justice a également rappelé des faits documentés, en particulier subis par des femmes et enfants soumis au travail forcé, et  à l’exploitation, y compris sexuellement. Ce qui  représente l’une des pires violations des droits humains. Au-delà du respect des engagements, le Tchad joue ainsi sa crédibilité auprès des instances internationales. Les injonctions faites aux procureurs généraux, procureurs de la République, juges d’instruction, présidents des cours d’appel et des tribunaux de grande instance, ainsi qu’aux juges de paix d’engager des poursuites et jugements contre les auteurs et complices des faits de traite des personnes participe de cette vision stratégique du pays.

La Rédaction

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