À l’ouverture de la 6ème édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA), le samedi 7 février 2026, le Premier ministre a insisté sur la valeur des cultures sahariennes, qu’il a qualifiées de « patrimoines vivants, porteurs de sens, de valeurs et d’avenir ». En tant que source de synergie, a-t-il souligné, la culture crée une dynamique qui nourrit la fierté des communautés, stimule la créativité et renforce les liens intergénérationnels.
Ces propos, émanant du représentant de la plus haute autorité de l’État, ne sont nullement circonstanciels. En Afrique, et particulièrement au Tchad, où les cultures s’entrechoquent avec un monde extérieur qui tend à les dénaturer, voire à les marginaliser, il devient urgent de valoriser les initiatives visant à leur préservation et à leur pérennisation. Dans cette perspective, le FICSA s’impose comme un véritable catalyseur de mise en valeur des richesses culturelles à la fois diversifiées et attrayantes.
À l’instar de ce festival, les rencontres culturelles de ce genre constituent des espaces de brassage, de partage et de réjouissance, mais surtout de transmission du savoir-faire et du savoir-être à la génération montante. En effet, en l’absence de telles occasions. Ces rencontres culturelles risquent de grandir sous le poids de la modernité en négligeant l’essentiel de l’héritage culturel qui lui est destiné.
La culture s’exprime à travers des pratiques et des valeurs, autrement dit des patrimoines matériels et immatériels qui méritent d’être sauvegardés. En tant que savoir, elle doit être nourrie et entretenue par ceux qui l’enseignent et la transmettent de génération en génération. C’est là que réside, en réalité, la capacité d’adaptation et la résilience des communautés et des nations.
Malheureusement, nombreux sont ceux qui oublient ou méconnaissent leurs responsabilités dans l’éducation culturelle de leur progéniture. Les traditions et les pratiques culturelles sont parfois perçues comme démodées, reléguées au rang de futilités indignes d’intérêt. Parler sa langue maternelle, participer aux événements culturels de son terroir, se ressourcer au village ou assister aux réunions familiales ne figurent plus dans leurs priorités. Pire, certains refusent d’assumer leur identité culturelle, croyant ainsi afficher une prétendue « civilisation ».
À l’inverse, savoir s’adapter et s’inspirer de ce qu’il y a de meilleur chez autrui constitue un atout. C’est là une caractéristique de l’homme culturellement accompli, capable de s’intégrer à divers milieux tout en valorisant ce que lui et son peuple ont de plus noble à offrir. C’est dans cet esprit que les festivals et journées culturelles organisés çà et là trouvent toute la pertinence de leur existence.
Mieux que tout autre rassemblement, le festival a l’avantage de réunir les cœurs et les savoirs dans une symbiose festive où la joie et l’amour du prochain s’expriment à travers les actes et les visages. Cette originalité mérite d’être préservée afin que le flambeau du savoir ancestral soit transmis aux générations présentes et futures. En définitive, la véritable pièce d’identité d’un peuple demeure, sans conteste, sa culture.
La Rédaction












Ajouter un commentaire