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Editorial

Éditorial : Aux grands maux, les grands remèdes

Cherté de la vie, flambée des prix : ces expressions sont sur toutes les lèvres depuis plusieurs années. Les voix s’élèvent, encore et toujours, mais rien ou presque ne change. À l’ouverture de la session de l’Assemblée nationale, le 2 février 2026, le président de l’institution, Ali Kolotou Tchaïmi, l’a rappelé avec fermeté en interpellant le gouvernement. Il est certes encore trop tôt pour mesurer l’impact réel de cette interpellation, mais la question demeure au cœur des préoccupations nationales.

Il est, par ailleurs, évident que les mécanismes du commerce au Tchad soient particulièrement complexes. Libéralisé, le secteur repose en grande partie sur les importations. Or, qui dit importation dit fluctuation des prix et concurrence accrue. En somme, tous les leviers ne sont pas entièrement maîtrisés par les pouvoirs publics. Décréter une baisse des prix s’avère donc difficile, d’autant plus que de telles décisions ont souvent produit l’effet inverse. Ce n’est d’ailleurs pas la bonne approche. Quelle solution adopter alors face à cette explosion des prix, lorsque même l’augmentation des salaires, notamment du SMIG, n’a pas eu l’impact escompté ? La plupart des opérateurs économiques s’efforcent avant tout de faire prospérer leurs affaires, la maximisation des profits restant leur principal objectif.

Il est urgent de trouver des solutions durables à cette situation. Ne dit-on pas « qu’aux grands maux, les grands remèdes » ? La croissance démographique soutenue entraîne une hausse considérable de la demande. Le pays doit impérativement mettre en place une véritable politique de production et de transformation des produits locaux et nationaux. L’exonération des produits de grande consommation, ainsi que le contrôle effectif de leurs prix, doivent être appliqués avec rigueur. La subvention de certaines denrées très sollicitées existe déjà, mais elle est souvent détournée de son objectif initial et ne profite pas aux couches les plus vulnérables. Des brebis galeuses s’en accaparent, les stockent et les revendent à des prix exorbitants. Là aussi, un sérieux coup de balai s’impose.

Toutefois, l’amélioration du climat des affaires doit se poursuivre afin de favoriser la multiplication et la diversification des débouchés, créant ainsi des emplois et des richesses. À mesure que les revenus augmentent, la classe moyenne se renforce, tant en nombre qu’en pouvoir d’achat. Dans ces conditions, chacun pourra aspirer à un niveau de vie conforme à ses moyens. Car, en réalité, derrière chaque fonctionnaire se trouvent de nombreuses bouches à nourrir. Si les personnes prises en charge devenaient autonomes, le travailleur en serait soulagé. L’épanouissement des citoyens passe nécessairement par l’amélioration de leurs conditions de vie. Y remédier par des solutions appropriées et pérennes n’est plus une option, mais une urgence absolue.

La Rédaction

 

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ATPE

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