La décentralisation voulue par les plus hautes autorités, afin de rapprocher l’administration des citoyens, prend progressivement corps avec l’installation des conseils provinciaux. Plus d’un an après leur mise en place, le bilan suscite des sentiments mitigés. D’un côté, l’espoir d’une administration locale, plus proche des citoyens, fait son chemin. De l’autre, le sentiment d’un chevauchement de rôles entre les présidents des conseils provinciaux et les délégués généraux du gouvernement auprès des provinces s’installe et alimente des incompréhensions.
Dans cet imbroglio, il faut regretter l’émergence de conflits de compétences aux conséquences néfastes pour les populations. Cette situation résulte en grande partie d’un manque de préparation à plusieurs niveaux. D’une part, certains conseillers provinciaux ne sont pas suffisamment outillés pour maîtriser pleinement leurs prérogatives en tant qu’élus locaux. D’autre part, l’avènement de ces conseils demeure mal compris, voire mal interprété par certains acteurs, qui les perçoivent comme des intermédiaires superflus dans l’appareil administratif. Et pourtant, ces entités ne sont autres que des démembrements de l’Etat.
Avec le recul nécessaire, il convient pourtant de rappeler que les conseils provinciaux sont compétents en matière de questions sociales et de développement, tandis que les délégués généraux représentent l’autorité politique chargée de coordonner l’ensemble des activités dans leur circonscription administrative. Loin de s’opposer, ces deux entités sont appelées à agir en synergie pour relever les nombreux défis et répondre efficacement aux attentes des populations.
Dans un contexte de raréfaction des ressources, l’essentiel devrait être ailleurs. Travailler avec méthode et discernement pour identifier, ensemble, les priorités des provinces, plutôt que de s’enliser dans des querelles de détails, parfois insignifiants mais profondément paralysants. C’est dans cette complémentarité que pourront être levées les zones d’ombre entourant les prérogatives de chacun, au bénéfice de l’action publique.
En tant que mode de gouvernance susceptible d’impulser le développement à la base, la décentralisation doit être comprise, appropriée et acceptée dans l’ensemble de ses mécanismes. À défaut, elle continuera de souffrir de carences structurelles et peinera à atteindre ses objectifs.
Face à cette situation, un véritable effort de pédagogie s’impose afin de clarifier et de délimiter le rôle de chaque acteur, dans l’intérêt supérieur des provinces. Une meilleure connaissance des responsabilités de chacun ne peut qu’être bénéfique. Par ailleurs, pour dépasser la perception d’une collaboration difficile, voire impossible, des actions simples mais essentielles doivent être engagées. Car un conflit de compétences permanent est, à terme, préjudiciable à l’efficacité de l’action publique.
Une autre piste réside dans la vulgarisation des textes relatifs à la décentralisation et dans le respect scrupuleux de leurs dispositions.
La Rédaction











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