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Editorial

Editorial : Coopération sud-sud

Le Tchad et l’Algérie amorcent une nouvelle étape de leurs relations diplomatiques après plus d’un demi-siècle de coopération continue. Le 21 avril 2026, à la veille de la visite d’État de Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno à Alger, 27 accords et mémorandums d’entente ont été signés, couvrant divers domaines de coopération et visant à renforcer l’intégration économique entre les deux pays. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la 4ᵉ session de la Commission mixte de coopération, au cours de laquelle les deux États ont réaffirmé leur volonté d’élargir leurs perspectives communes dans des secteurs stratégiques.

Parmi ces domaines prioritaires, l’enseignement supérieur occupe une place centrale, avec deux projets d’accords structurants. Le Tchad a notamment exprimé le besoin d’un appui renforcé pour le déploiement des technologies modernes dans ses universités, la mobilité des enseignants-chercheurs, ainsi que l’organisation conjointe de séminaires et de programmes de recherche. Ces initiatives visent à dynamiser un secteur essentiel au développement du capital humain. En parallèle, la formation professionnelle a également été mise en avant, avec une volonté claire de la moderniser et de l’adapter aux réalités socio-économiques locales, afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.

Dans ce domaine, les deux pays disposent déjà d’acquis significatifs sur lesquels ils peuvent capitaliser. Depuis plusieurs décennies, de nombreux étudiants tchadiens bénéficient de bourses de coopération offertes par l’État algérien, favorisant ainsi la formation de cadres qualifiés. Les domaines de la recherche scientifique et des filières techniques ont également connu une évolution positive, renforcée par des initiatives privées qui dynamisent la coopération universitaire. Sur le plan économique, la présence d’entreprises algériennes au Tchad contribue également à consolider des liens historiques et durables entre les deux nations.

Au-delà des aspects sectoriels, ces accords illustrent la vitalité de la coopération sud-sud, devenue un levier essentiel pour le développement socioéconomique du continent africain. Ils traduisent une vision partagée par N’Djamena et Alger, qui y voient un « signe expressif » de leur ambition commune dans un contexte international en pleine recomposition, où l’Afrique peine encore à occuper la place qui lui revient.

Cette ambition commune s’inscrit également dans une logique stratégique de complémentarité face aux défis contemporains, notamment les menaces sécuritaires, les chocs économiques et les pressions extérieures. Dans un espace marqué par l’instabilité, la montée du terrorisme, les trafics transnationaux et les rivalités d’influence, seule une approche globale et concertée peut permettre d’apporter des réponses durables.

Cependant, au-delà des engagements diplomatiques, l’enjeu majeur demeure la concrétisation effective de ces accords. Les populations tchadiennes et algériennes attendent désormais des résultats tangibles, susceptibles d’améliorer leur quotidien. Car si les commissions mixtes et les mémorandums constituent des cadres importants, leur véritable valeur réside dans leurs retombées concrètes sur le terrain.

La Rédaction

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