Un an après son installation, le Conseil provincial du Kanem affiche sa détermination à impulser le développement de la province. Entre tournées de terrain, plaidoyers pour l’accès aux services sociaux de base et contraintes financières, son président, Mahamat Nour Mallaye, présente un état des lieux sans détour.
Installé en avril 2025, le Conseil provincial est désormais pleinement opérationnel. C’est le principal message porté par son président, également membre de l’Association des provinces du Tchad. Après une session inaugurale tenue en septembre dernier et une réunion budgétaire organisée en février 2026, l’institution s’inscrit dans une dynamique de travail structurée pour répondre aux attentes des populations.
Soucieuse de rester proche des réalités locales, l’équipe dirigeante a effectué une tournée dans les six départements de la province, notamment Mao, Rig-Rig, Nokou, Zigué, Djara et Mondo. Cette mission de terrain a permis d’identifier les difficultés quotidiennes des populations et d’ajuster les priorités d’intervention. « Cette tournée nous a permis d’intégrer les priorités des différents départements dans le budget 2026 et dans notre plan d’action », a expliqué Mahamat Nour Mallaye.
Des priorités sociales clairement identifiées
Parmi les besoins exprimés par les populations figurent en première ligne l’accès à l’eau potable, à l’énergie, ainsi que l’amélioration des services d’éducation et de santé. Toutefois, plusieurs défis freinent encore l’action du Conseil provincial. Le premier est d’ordre institutionnel, notamment la méconnaissance des textes régissant les compétences des collectivités territoriales. Pour y remédier, le Conseil a engagé des actions de sensibilisation afin de mieux faire comprendre son rôle dans la gouvernance locale.
Le second défi concerne les ressources financières. Le Conseil dépend essentiellement des subventions de l’État, tandis que les mécanismes de mobilisation des recettes locales restent encore peu définis. Le président du Conseil reconnaît que le budget actuel est insuffisant pour répondre aux besoins de la province. Il plaide ainsi pour un déblocage rapide et régulier des fonds alloués.
Pour mener à bien ses missions, le Conseil provincial du Kanem, mise sur une approche collaborative. Les relations avec les autorités administratives, les services déconcentrés et les partenaires au développement, notamment les ONG et les organisations internationales, sont jugées satisfaisantes.
Par ailleurs, à travers l’Association des provinces du Tchad, les responsables provinciaux échangent leurs expériences afin de renforcer la coordination des actions. « Les provinces, les communes et les conseils provinciaux travaillent en parfaite harmonie pour le développement », a assuré Mahamat Nour Mallaye.
Fort de cette première année d’exercice, le Conseil provincial du Kanem, entend poursuivre ses efforts pour consolider la décentralisation et améliorer les conditions de vie des populations. Avec une feuille de route désormais clarifiée et une meilleure connaissance des réalités du terrain, l’institution se positionne comme un acteur clé du développement local dans la province.
Dédjébé Gniyei Achta Winnie












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