Les chantiers de construction routière sont lancés tous azimuts, aussi bien dans la capitale que dans les provinces du pays. Sur instructions des plus hautes autorités, le Ministère des Infrastructures, du Désenclavement et de l’Entretien routier, déploie ces dernières semaines, plusieurs missions de suivi des travaux.
L’initiative est à saluer.
Moteurs essentiels du développement socio-éco-nomique, les routes sont de véritables vecteurs de désenclavement. Que ce soit pour le commerce ou pour l’accès aux services essentiels, elles relient les différentes localités du pays, réduisent les distances, facilitent les échanges et les mobilités des populations, tout en contribuant à la dynamisation des activités économiques.
Malheureusement, la dégradation des routes demeure un problème récurrent au Tchad. À peine construites, certaines sont déjà parsemées de nids-de-poule et de fissures. Pire encore, dès leur réception, plusieurs infrastructures présentent des insuffisances, notamment l’absence de systèmes de canalisation permettant l’évacuation des eaux pluviales. Dans certains cas, les routes sont régulièrement inondées, obligeant les populations à patauger pour rejoindre la ville. C’est le cas, entre autres, des avenues Kondol Béaloum, Monseigneur Mathias Ngarteri et du 10 octobre. Il est évident que la stagnation des eaux et leur infiltration dans le bitume, faute de pente adéquate ou de dispositifs de drainage, accélèrent la dégradation des chaussées.
Difficile, toutefois, de démêler cet écheveau. Est-ce un problème de financement insuffisant ? De pratiques de corruption qui affecteraient la qualité des travaux ? Ou encore un manque de rigueur dans le contrôle et la supervision des chantiers ?
Les techniciens du secteur évoquent, de leur côté, l’intensité du trafic, les surcharges des véhicules, les conditions climatiques ainsi que le manque d’entretien régulier. Les eaux de pluie, en particulier, contribuent fortement à l’apparition des fissures, des nids-de-poule et des déformations de la chaussée.
Pourtant, le pays dispose de ressources humaines qualifiées, des ingénieurs et des techniciens compétents, ainsi que de matériaux de construction. Il n’y a donc aucune raison objective pour que les routes soient de si mauvaise qualité. Cette situation tend à compromettre les efforts du gouvernement, à alourdir les conditions de vie des populations et à ralentir le processus de développement.
Le développement d’un pays passe inévitablement par celui de ses infrastructures routières. Là où la route passe, le développement suit. Dès lors, on peut se demander pourquoi certaines routes sont encore mal construites, malgré l’existence de matériaux et de financements importants.
Qu’elles soient réalisées sur fonds propres ou avec l’appui des partenaires, ces infrastructures doivent être bien conçues, bien exécutées et situées de manière pertinente, en tenant compte de la croissance démographique et de l’évolution du trafic.
Le pays étant vaste et confronté a de nombreux défis, d’autres secteurs attendent également des investissements importants. Il n’est donc pas souhaitable que des ressources considérables soient englouties dans des infrastructures routières mal réalisées, au détriment d’autres priorités.
Il est urgent que des mesures rigoureuses soient prises afin d’améliorer la qualité des infrastructures routières. Enfin, pourquoi ne pas sanctionner les entreprises défaillantes, afin de servir d’exemple et d’inciter à un meilleur respect des normes ?
La rédaction












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