Les 12 et 13 juin 2026, la province du Mayo-Kebbi Est a été au cœur d’une importante mission gouvernementale conduite par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le Général de Corps d’Armée Ali Ahmat Aghabache, le ministre délégué chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat, et la ministre secrétaire générale du Gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Houtouin. Cette visite, effectuée au nom du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, visait à écouter les populations, soutenir les victimes et consolider la paix à la suite des affrontements intercommunautaires survenus dans la sous-préfecture de Kim.
À son arrivée à Bongor, la délégation gouvernementale a reçu un accueil chaleureux des autorités administratives, traditionnelles, des élus locaux ainsi que des cadres et ressortissants de la province. Le lendemain, elle s’est rendue à Kouroup, localité durement touchée par les violences qui ont secoué la région du 3 au 5 juin dernier.

Selon les autorités, ces affrontements ont fait dix morts et sept blessés. Ils ont également entraîné l’incendie de 160 habitations ainsi que d’importantes pertes matérielles. Dans le cadre des enquêtes ouvertes pour faire toute la lumière sur les événements, trente-huit personnes ont été interpellées afin que les responsabilités soient établies conformément à la loi.
À l’ouverture de la rencontre communautaire, le délégué du Gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Est, Goukouni Sidimi, a salué l’attention et la solidarité manifestées par les plus hautes autorités de l’État envers les populations affectées par cette tragédie.
Les représentants des communautés Marba, Kim, Koyom et Peulh ont ensuite pris la parole pour exposer leur lecture des événements. Malgré la douleur encore vive, tous ont exprimé leur volonté de privilégier le dialogue, de préserver le vivre-ensemble et d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Les ressortissants de la localité ont également joué un rôle déterminant dans le processus d’apaisement. Parmi eux, le conseiller à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire à la Présidence de la République, Dr Allah-Ridy Koné, Alaina Yacoub Possey ainsi que le parlementaire Dr Epainete Djangrang Sende ont rappelé que les liens historiques entre les différentes communautés demeurent plus forts que les divisions circonstancielles. Leurs appels à la responsabilité collective, à la tolérance et au dialogue ont contribué à instaurer un climat favorable à la réconciliation.
Prenant à leur tour la parole, le ministre délégué chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat, et la ministre secrétaire générale du Gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Houtouin, ont exhorté les populations à renouer avec les valeurs de solidarité, de fraternité et de coexistence pacifique qui ont toujours caractérisé les relations entre les communautés de la région.
Moment fort de la rencontre, l’intervention du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration a permis de clarifier la position de l’État face à cette crise. Le Général Ali Ahmat Aghabache a insisté sur le fait qu’aucune communauté ne saurait être tenue collectivement responsable des actes commis par quelques individus. « Les auteurs des violences répondront individuellement de leurs actes devant la justice », a-t-il affirmé, rappelant que l’État demeure impartial et garantit la sécurité de tous les citoyens sans distinction.
Le chef de la délégation a également souligné que la paix durable ne peut être construite que sur le rejet de la vengeance, le respect des institutions et la promotion du dialogue. Il a invité les populations à tourner la page de la violence et à œuvrer ensemble pour reconstruire la cohésion sociale.
Sous son impulsion, les représentants des différentes communautés se sont publiquement tendu la main dans un geste symbolique de pardon et de réconciliation, suscitant une vive émotion au sein de l’assistance.
Au-delà des messages de paix, le Gouvernement a traduit sa solidarité par des actions concrètes. Une assistance financière et alimentaire a été remise aux familles endeuillées, aux blessés ainsi qu’aux ménages sinistrés. La délégation a également visité plusieurs habitations incendiées afin de constater l’ampleur des dégâts et d’évaluer les besoins des populations touchées.
Au terme de cette mission, un message fort se dégage : la paix demeure la seule voie pour préserver l’unité nationale et garantir un développement harmonieux des communautés.
Grâce à l’engagement des autorités publiques, à l’implication des ressortissants de la localité et à la volonté affichée des communautés de se réconcilier, Kouroup amorce aujourd’hui une nouvelle étape placée sous le signe du pardon et de la cohésion sociale.












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