Les événements se succèdent et les politiques font des sorties médiatiques qui, exacerbées négativement par les réseaux sociaux, révèlent la nécessité d’un ajustement communicationnel. Au pays de Toumaï, la communication politique est soumise de manière quasi-permanente à la pression des crises de tout genre. Entre l’urgence d’agir et de communiquer, éléments de langage interprétés à tort ou à raison, mise à l’écart des chargés de communication et multiplication des acteurs communicationnels, le risque de vacillement est grand.
En temps normal, la communication, qu’elle soit institutionnelle ou politique, est coiffée par un porte-parole qui agit sur les instructions de sa hiérarchie afin de respecter l’esprit de la cohésion et de solidarité de l’équipe ou de la personnalité incarnée. Cela a encore plus de sens quand advient une crise. Les moments de crise sont particuliers et exigent d’autres mécanismes afin d’éviter des contradictions à même d’aggraver la situation. Ces derniers temps, à la suite des conflits successifs dans le pays, des missions des différents acteurs institutionnels, politiques et associatifs sont dépêchées sur le terrain à l’effet de ramener le calme et la sérénité. Des démarches salutaires mais qui, pour aboutir, devraient être soutenues par une opération de communication ordonnée et structurée. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Les manquements viennent souvent de la persistance de chacun à s’exprimer sur le sujet, dans la précipitation, sans avoir des informations nécessaires.
Une telle démarche expose à des risques potentiels d’incohérence. En de pareilles situations, pour être efficace, le bon sens aurait voulu que le message soit harmonisé et qu’un seul porte-parole soit désigné afin de tenir un même langage partout et à tout moment. Dans le contexte tchadien, le plus souvent, un élément essentiel : la responsabilité de prise de parole. Vu que les crises surviennent parce que la prévention et l’anticipation ont fait défaut, tenir un discours de vérité, au risque de voir la confiance des citoyens s’éroder devant la parole politique, devient un impératif. Or, ce que l’on observe, dans la plupart des situations, c’est d’aller vite à une solution, fut-elle éphémère, pourvu qu’on la brandisse comme résultat.
Etre un homme public a ses exigences ; lesquelles se rapportent au respect de soi, celui des autres et de sa parole. C’est dans ce sens que les postures diplomatiques doivent se déployer, évitant toute parole émotionnelle. Le politique qui sait communiquer gagne en respect auprès des populations en ayant de l’empathie lorsqu’il s’exprime sur un événement quelconque, tout en étant au-dessus de la mêlée et des considérations familiales, ethniques régionalistes et religieuses. A ce niveau, il y a du chemin à faire pour nombre de politiciens tchadiens, enclins à gérer des situations avec émotion.
A l’avenir, le gouvernants et les acteurs politiques gagneraient à maîtriser leurs troupes dans un effort de coordination plus poussée pour mieux communiquer et utilement. Ce ne sera pas de la rétention de la parole, ni d’un musèlement de la parole publique, mais plutôt une mesure de responsabilité assumée.
La Rédaction












Ajouter un commentaire