L’ambiance des soirées a cahangé depuis la décision ferme du maire de la ville de N’Djaména, Senoussi HassanaAbdoulaye. Le communiqué du 23 juin 2025, interdit l’ouverture et la fermeture des salons de chicha dans la ville. Malgré l’interdiction, on observe la présence de plus en plus nombreuse de ces officines de prise de substances narcotiques à travers la ville. En interdisant leur fonctionnement, l’autorité urbaine justifie la prise de cette décision par la protection de la jeunesse et par la sécuritépublique.
Le constat est amer. Cette mesure radicale retire tous les droitsde fonctionnement et d’exploitation des salons de chicha dans la cité capitale. La Mairie de N’Djaména marque ainsi une volonté de supprimer ces lieux pour protéger la jeunesse. Cette mesure jugée plutôt salutaire quand l’on sait que des mineurs en font leurs lieux de détente. Certains jeunes y trafiquent desdrogues et autres produits prohibés.
Après plus de huit mois d’interdiction et malgré les descentes inopinées sur le terrain, beaucoup de détenteurs de ces débits s’arrangent à offrir une place à leurs clients. Généralement, lorsque la police municipale descend, c’est pour saisir le produit et fermer la boutique. Depuis lors, les gérants ont également changé de stratégies, en opérant clandestinement.
Azardine Youssouf, jeune de 30 ans, détenteur d’un salon de chicha, ne comprend pas exactement la décision prise par les autorités communales. Selon lui, il existe une certaine ambiguïté sur la décision et son application.
Pour sa part, Ramadan Souleymane, habitant du quartierBololo, appréhende la question autrement. « La décision prise par la municipalité est salutaire pour la santé des jeunes. Ceci va dans l’intérêt de la ville et de la société ». Et d’ajouter que des individus portant l’uniforme de la police municipale se présentent comme de vrais policiers les arnaquentrégulièrement. « Tantôt ils exigent de l’argent, tantôt nous menacent de fermeture si nous ne cédons pas à leur demande ».
Le directeur de la police municipale, Hassan Aniargout, est catégorique. « L’interdiction de chicha est toujours en vigueur du point de vu juridique ». Pour lui, braver cette mesure sans autorisation spéciale, est une violation directe de la loi. Il avertit que si la vigilance se relâche, le désordre et l’insécuritéd’autrefois reprendront vite le dessus, pouvant transformer la ville en zone de non droit, semant le trouble au sein de la population.
Si certains saluent la rigueur de la mairie, d’autress’interrogent sur la capacité des institutions à imposer l’ordre face aux intérêts privés. La question qui brule sur toutes les lèvres est celle de savoir si ces commerçants bénéficient de protection invisible ou d’un réseau d’influence qui leur permet de défier l’autorité en toute impunité ?
Cependant, la réalité du terrain montre une résistancesilencieuse. Face à la pression policière, l’activité ne meurt pas, elle se déplace. A l’ombre, de nombreux gérants, ont choisi d’adopter la clandestinité, installant leurs pipes à eau dans des coins sombres, loin des patrouilles. Ce revers de la situation soulève des inquiétudes sur l’efficacité réelle des décisions administratives sur le long terme.
Moundamaide N’dingalaou Eveline












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