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Réconciliation nationale : La Médiature élabore une stratégie pour une paix durable

Le Médiateur de la République, Amb. Saleh Kebzabo a organisé ce jeudi 18 juin 2026 à N’Djaména, une rencontre gouvernementale consacrée à la cohésion sociale et à la réconciliation nationale. Cette rencontre revêt une importance particulière, car elle s’inscrit dans une dynamique nationale visant à promouvoir le dialogue, à renforcer la cohésion sociale et à consolider durablement la paix au Tchad. Cette entrevue s’est déroulée en présence du vice-Premier ministre chargé de l’Administration et de la Décentralisation, Limane Mahamat et quelques membres du gouvernement.

Le Tchad a suffisamment souffert des conflits, des divisions et des crises qui ont marqué son histoire. Pour ouvrir une nouvelle page afin d’instaurer une paix durable, plusieurs initiatives ont été mises en place. Des accords ont été signés et divers mécanismes ont été mis en œuvre pour résoudre les crises successives. Toutefois, malgré certaines avancées, ces démarches n’ont pas toujours permis d’instaurer une paix durable. Elles ont souvent favorisé des compromis politiques sans répondre pleinement aux attentes des victimes, des communautés affectées, des femmes, des jeunes, des autorités locales, des institutions judiciaires et des acteurs porteurs de la mémoire collective.

Pour résoudre ces maux qui ont longtemps fragilisé la cohabitation pacifique et la cohésion nationale, la diaturede la République avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, a élaboré un document sur la stratégie nationale de réconciliation et de consolidation de la paix au Tchad. Cette stratégie s’appuie sur les recommandations du Dialogue National Inclusif et Souverain ainsi que sur les principes de justice transitionnelle fondés sur la vérité, la réparation, la réconciliation et les garanties de non-répétition. Elle a pour objectif de promouvoir une paix durable à travers une approche globale et inclusive. Elle vise à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions, à renforcer le dialogue entre les communautés, à reconnaître les souffrances des victimes et à prévenir le retour des conflits. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie repose sur l’implication de tous les acteurs concernés, notamment les institutions de l’État, les autorités traditionnelles et religieuses, les organisations de la société civile, les victimes, les femmes, les jeunes ainsi que les partenaires au développement.

Le Médiateur de la République, l’ambassadeur Saleh Kebzaboa appelé à faire de cette stratégie un instrument de vérité, de réparation, de réforme et de réconciliation. Selon lui, la responsabilité de bâtir une paix durable incombe à l’ensemble des citoyens et des institutions. Saleh Kebzabo, a mis en garde contre trois erreurs majeures susceptibles de compromettre le processus. La première consiste à réduire la réconciliation à des cérémonies symboliques ou à de simples déclarations d’intention. La réconciliation exige des mécanismes concrets, des ressources adéquates, une gouvernance efficace et un suivi rigoureux. La deuxième erreur serait de confondre réconciliation et oubli. Réconcilier ne signifie pas effacer le passé, mais plutôt reconnaître les faits, réparer les préjudices autant que possible, restaurer la dignité des victimes et construire un avenir commun fondé sur la justice et le respect mutuel, a-t-il souligné. La troisième erreur serait de rechercher la paix sans entreprendre les réformes nécessaires.

Le représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Felix Ahouansou a réaffirmé son engagement à accompagner le Tchad dans son processus de réconciliation nationale et de consolidation de la paix. Selon lui, la Stratégie nationale de réconciliation et de consolidation de la paix constitue une première étape concrète dans la mise en œuvre des engagements et recommandations formulés lors de l’accord de paix de Doha ainsi que le Dialogue national inclusif et souverain.

La responsabilité est collective

Le vice-Premier ministre chargé de l’Administration et de la Décentralisation, Limane Mahamat a souligné que la réconciliation nationale ne saurait être l’affaire exclusive du gouvernement. Elle constitue une œuvre collective qui exige l’implication de tous les acteurs nationaux. « L’absence de sincérité dans la mise en œuvre de certains engagements a souvent compromis les efforts de réconciliation. L’évocation du passé ne doit pas nourrir des sentiments de revanche ou de division », a-t-il martelé.

Abakar Gombo Doungous

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