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Consolidation de la paix : La société civile doit jouer un rôle central  

La Médiature en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), a organisé le mardi 23 juin 2026 à N’Djaména, un atelier de partage d’expériences et de bonnes pratiques des Organisations de la société civile (OSC).

Cette rencontre, inscrite dans le cadre de la Semaine des Nations unies pour la consolidation de la paix, vise à valoriser les initiatives des acteurs de terrain et à renforcer leur contribution à la promotion du dialogue, de la cohésion sociale et de la prévention des conflits.

A cette occasion, Yahaya Balima, chef du bureau de la Coordination du système des Nations unies au Tchad, a appelé les organisations de la société civile à jouer pleinement leur rôle dans les efforts de consolidation de la paix au Tchad. Pour lui, la stabilité du pays dépend autant de l’action des institutions que de la capacité des acteurs communautaires à prévenir les crises, favoriser le dialogue et renforcer les liens entre les populations. « Vous êtes les relais de la confiance là où elle est fragile. Vous êtes les médiateurs là où les tensions émergent », a-t-il affirmé, estimant que les organisations de la société civile demeurent les premiers artisans d’une paix concrète, vécue quotidiennement par les citoyens.

Pour le responsable onusien, les efforts déployés jusqu’ici ont permis d’obtenir des résultats encourageants, mais ils restent souvent dispersés. Les initiatives sont parfois menées de manière isolée, sans coordination suffisante ni mécanismes garantissant leur pérennité. D’où l’importance, selon lui, de créer davantage de synergies entre les différents intervenants. « Il ne s’agit pas simplement de partager des expériences. Il s’agit de changer d’échelle, de renforcer l’impact », a-t-il insisté. Pour atteindre cet objectif, Yahaya Balima estime qu’il est nécessaire de mieux valoriser les initiatives qui produisent des résultats, d’identifier sans complaisance les limites des approches actuelles et d’adapter les méthodes d’intervention aux réalités du terrain. Il a également évoqué l’opportunité de bâtir une véritable infrastructure de paix enracinée dans les communautés et portée par les acteurs locaux eux-mêmes. Cette ambition passe, selon lui, par un partenariat plus solide entre l’État, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.

Lançant les travaux au nom du Médiateur de la République, Saleh Kebzabo, le secrétaire général adjoint de l’institution, Djibrine Moussa Mahamat, a rappelé que la consolidation de la paix constitue aujourd’hui un impératif pour le Tchad.

De la prévention des conflits à la culture de la paix

Dans un contexte marqué par de multiples défis sociaux, économiques et sécuritaires, il a estimé que la prévention des tensions et la promotion du dialogue demeurent des leviers essentiels pour préserver la stabilité et accompagner le développement du pays. Djibrine Moussa Mahamat a souligné que cette vision s’inscrit dans les orientations nationales qui placent la paix, la sécurité, l’unité nationale et la cohésion sociale parmi les priorités de l’action publique, notamment à travers le chantier numéro 1 des « 12 chantiers et 100 actions »v du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Pour lui, la réussite de cette ambition exige une mobilisation de tous les acteurs, qu’ils soient institutionnels, communautaires ou citoyens.

Au-delà des échanges d’expériences prévus au cours de cette rencontre, Djibrine Moussa Mahamat a appelé les participants à renforcer les partenariats et la complémentarité des actions afin d’améliorer l’impact des interventions en faveur de la cohésion sociale. Pour illustrer son propos, il a repris les mots de Mahatma Gandhi : « Il n’y a pas de chemin vers la paix. La paix est le chemin ». Une manière pour lui de rappeler que la paix ne saurait être perçue comme un objectif lointain, mais comme une démarche quotidienne qui doit inspirer les comportements individuels et collectifs.

Le secrétaire général adjoint de la Médiature a également convoqué la sagesse africaine pour souligner le caractère collectif de cet engagement. Citant un adage selon lequel « la paix est un arbre qui se plante avec des mains, qui s’arrose avec des cœurs et qui se protège avec des actes », il a invité les différents acteurs à transformer leur volonté commune en actions concrètes au service du vivre-ensemble.

Sikngaye Tamaltan Inès

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