Dans la perspective du troisième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3), le Mouvement patriotique du salut (MPS) a organisé une réunion dite stratégique relative à la mobilisation des équipes provinciales du parti en appui audit recensement. Cette opération d’une importance capitale pour le pays, débutée le 20 juin, va se poursuivre jusqu’au 9 juillet. Il constitue un outil essentiel pour la planification du développement du Tchad dans de nombreux secteurs : agriculture, élevage, santé, affaires sociales, culture, sports, infrastructures, éducation ou encore formation professionnelle.
Mais à peine cette réunion du MPS terminée qu’une polémique se propage comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux, dans les lieux publics et dans certains Quartier Général (QG) de quelques partis politiques de tous horizons.
Cette controverse porte sur plusieurs aspects de la vie politique nationale. Certains estiment que l’opération doit être replacée dans son cadre strictement statistique et scientifique, et demeurer exclusivement sous la responsabilité de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) ainsi que de ses partenaires techniques et financiers (PTF), de peur qu’elle ne soit récupérée à des fins politiques. D’autres mettent en garde contre les risques d’abus ou de désinformation auprès des populations, notamment en raison des consignes adressées aux cadres et responsables du MPS pour accompagner le déroulement du recensement. Ces préoccupations sont-elles légitimes ? Sont-elles fondées ?
Avant toute réaction à un événement d’une telle importance, il convient d’en examiner tous les contours. Il n’est pas inutile de rappeler que, lors de cette rencontre, aussi bien le Premier ministre que le secrétaire général du MPS ont insisté sur un point essentiel : le RGPH-3 est une opération apolitique, citoyenne et républicaine. Son objectif est clair :
connaître avec précision le nombre et les caractéristiques des personnes vivant sur le territoire national afin de mieux concevoir, orienter et planifier les politiques publiques au bénéfice des populations, à court, moyen et long termes.
Dans cette perspective, les responsables, cadres et militants du MPS, en tant que citoyens tchadiens, ont parfaitement le droit de contribuer à la sensibilisation et à la réussite de cette opération. Mieux encore, cet engagement pourrait servir d’exemple et inciter les autres formations politiques, quelles que soient leurs sensibilités, à se mobiliser également pour garantir le succès total du recensement.
Par ailleurs, comme le soulignait en aparté un responsable politique, la réussite du RGPH-3 permettra aussi de disposer de données fiables sur la population de chaque localité. Les implications de cette connaissance ne sont pas négligeables, notamment sur le plan électoral. Si les futurs recensements électoraux confirment ces données, elles pourraient influencer la répartition des sièges lors des prochaines élections législatives, sénatoriales, provinciales et communales. D’où l’importance, dès aujourd’hui, de mesurer pleinement les enjeux multiples et multidimensionnels de cette opération afin d’éviter, demain, les regrets ou les contestations fondés sur l’ignorance des réalités démographiques.
La Rédaction












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