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Journée internationale des veuves : Un regard particulier pour leur protection

  La journée internationale des veuves célébrée tous les 23 du mois de juin, offre l’opportunité de mettre à jour les difficultés que ces femmes affrontent au quotidien. L’Info est allé à la rencontre quelques veuves, tout en décryptant la question à la lumière des interprétations religieuses.    

En instituant cette journée, les Nations unies ont voulu attirer l’attention de la communauté internationale sur la marginalisation, les injustices et la pauvreté dont sont victimes des milliers des femmes après le décès de leurs partenaires.

Clarisse est âgée de 33 ans et déjà veuve. Avec ses deux orphelins, elle habite à Habena dans le 7èmearrondissement. Sans qualification, elle est obligée de chercher de quoi faire pour nourrir ses enfants, faute de soutien de sa belle-famille. « Avant le décès de mon mari, je restais à la maison ; mais après son décès, je n’ai pas le choix. Je suis sortie chercher du travail pour nourrir mes 2 enfants», confie-t-elle. La situation est encore plus émouvante pour N. Géneviève, chassée de la maison conjugale par la famille de son défunt mari avec 6 enfants sous le bras. « J’ai vécu avec mon époux pendant 26 ans. Quand il est mort, ses parents m’ont mise à la porte avec mes enfants », raconte la dame d’une cinquante d’année avec amertume.

Désemparées, Certaines veuves se remettent à la justice sans parfois obtenir gain de cause. Afin de parer à la situation, les travaux domestiques et les petits commerces restent leurs seuls refuges et un tremplin pour survivre et prendre en charge leurs progénitures.

D’un avis purement religieux, l’abbé Adringar Séraphin, curé de la paroisse sainte Josephine Bakhita, rappelle que Dieu s’est proclamé protecteur suprême des veuves et exige de la communauté qu’elle assure assistance, justice et sécurité matérielle. Adringar Séraphin de citer le livre des psaumes 68 :5 dans lequel Dieu s’est présenté comme « le père des orphelins et le défenseur des veuves ». Selon lui, Dieu a ordonné au peuple d’Israël de réserver aux veuves et orphelins une partie des récoltes (les restes des moissons et des olives) de même que les dimes de la troisième année qui devraient leur être redistribuées (Deutéronome 26 : 12), rappelant que l’exploitation de ces catégories sociales est considérée comme un péché grave qui attire la colère divine (exode22 :22-24 et Essaie 1 : 17).

Adringar Séraphin affirme que le récit de la veuve de Nain (Luc 7, 11-15) illustre la tendresse du Christ face à la détresse de ces femmes. Ainsi le livre de 1 Timothée 5 : 3- 16, souligne l’importance pour la communauté de soutenir les veuves « qui sont vraiment seules » et de reconnaitre leur rôle actif dans la prière.

Au regard de la religion musulmane, cette union est permise, à condition que la période légale de viduité (ʿidda) soit achevée et qu’il n’existe aucun empêchement légal au mariage reconnu par la loi islamique. Selon l’imam, Haroune Youssouf Haroune se en couple avec la femme de son frère défunt n’est pas une obligation. Son refus n’est ni un péché ni une désobéissance. Cette décision dépend de la volonté des deux parties, de leur capacité à assumer cette union et de l’intérêt qu’elles y trouvent. « Celui qui épouse la veuve de son frère avec l’intention de la préserver, de prendre soin de ses enfants et de lui apporter soutien et bienveillance accomplit une œuvre méritoire, à condition que son intention soit sincèrement vouée à Allah », affirme le religieux. L’Imam prodigue quelques conseils à celui prend une telle décision en ces termes « celui qui envisage ce mariage doit craindre Allah dans son comportement envers son épouse et les enfants de son frère, et fonder cette décision sur l’affection, la miséricorde et le sens des responsabilités, plutôt que sur une émotion passagère ou sur la pression des traditions sociales ».

Le ministère de la Femme et de l’Enfance devrait se pencher sur le sujet afin que ces femmes et leurs enfants soient protégés davantage.

Doukoundjé Caroline

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