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Journée des compétences des jeunes :  Former une génération capable de relever les défis de demain

Chaque 15 juillet, la Journée mondiale des compétences des jeunes rappelle une évidence devenue stratégique : l’avenir de chaque nation dépend de la capacité de ses jeunes à acquérir des compétences adaptées aux mutations du monde. En 2026, cette célébration s’articule autour du thème : «Des compétences pour un avenir commun», une invitation à repenser la formation afin de répondre aux exigences d’un environnement professionnel en profonde transformation.

En cette journée, les Nations unies mettent l’accent sur une approche globale des compétences. Au-delà des savoir-faire techniques, elles plaident pour le développement des compétences numériques, la maîtrise des outils liés à l’intelligence artificielle, des connaissances environnementales, mais également des compétences socio-émotionnelles, civiques et relationnelles. Autrement dit, les qualités telles que la créativité, l’empathie, l’esprit critique, la communication et la coopération deviennent des atouts que les technologies ne peuvent remplacer. Cette évolution pose une question centrale : les systèmes de formation préparent-ils réellement les jeunes aux réalités économiques actuelles ? Dans de nombreux pays, notamment en Afrique, le décalage entre les enseignements dispensés et les besoins du marché de l’emploi demeure important. Les diplômes restent nécessaires, mais ils ne garantissent plus, à eux seuls, une insertion professionnelle réussie.

À N’Djaména, cette réalité est largement partagée par les jeunes. Étudiant en informatique et formateur en montage vidéo, Ngomyam Justin, estime que les formations doivent dépasser la simple acquisition de compétences techniques. « Aujourd’hui, on parle beaucoup d’intelligence artificielle et du numérique. C’est une évolution nécessaire. Mais beaucoup de jeunes ne savent toujours pas rédiger un curriculum vitae, se présenter devant un recruteur ou communiquer efficacement. Les compétences techniques doivent être complétées par le savoir-être », explique-t-il. Son témoignage met en évidence une faiblesse récurrente des dispositifs de formation. Ainsi, l’absence d’un véritable accompagnement vers l’emploi où les compétences comportementales jouent un rôle déterminant.

Le constat est similaire chez Clara Nouba, coiffeuse et entrepreneure. Pour elle, l’avenir de nombreux jeunes entrepreneurs dépend désormais de compétences qui dépassent leur métier d’origine. « Nous savons exercer notre profession, mais gérer une entreprise est une autre réalité. Il faut apprendre la gestion financière, le marketing, la communication numérique et la recherche de clientèle sur les réseaux sociaux. Ce sont ces compétences qui permettent à une activité de se développer », affirme-t-elle. Les petites entreprises ne peuvent plus compter uniquement sur leur savoir-faire artisanal ; elles doivent intégrer les outils numériques et les techniques modernes de gestion pour rester compétitives.

Mettre en place des programmes innovants

L’intégration des compétences vertes représente  également un enjeu majeur. Oumarou Wani, apprenti mécanicien considère que la transition écologique doit se traduire par des formations concrètes. « Pour nous, cela signifie apprendre à mieux gérer les déchets des garages, utiliser les énergies renouvelables ou adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Si les centres de formation nous accompagnent réellement, nous pouvons contribuer à cette transition », souligne-t-il. Cette réflexion rejoint les orientations internationales qui considèrent les métiers verts comme des principaux gisements d’emplois des prochaines décennies.

Au-delà de la formation initiale, cette journée insiste sur la nécessité de mettre en place des programmes innovants combinant l’adaptabilité, la résilience, le leadership, le dialogue interculturel et l’esprit d’initiative. Ces qualités constituent désormais des leviers essentiels pour évoluer dans une économie mondialisée. Pour Fatimé Daoud, 25 ans et diplômée en communication, le véritable défi commence après l’obtention du diplôme. « Obtenir un diplôme est une étape. Ensuite, il faut trouver un stage, décrocher un premier emploi, accéder à un financement ou convaincre un employeur. Les compétences doivent déboucher sur de réelles opportunités professionnelles », précise-t-elle.

Selon le secrétaire à la Communication, aux Nouvelles Technologies et Porte-parole du Conseil National des Jeunes du Tchad (CNJT), Ousman Abbas, à N’Djaména comme dans de nombreuses villes africaines, les attentes des jeunes convergent vers une même revendication : davantage de formations pratiques, plus de stages, et un meilleur accompagnement entrepreneurial et des passerelles plus efficaces entre les centres de formation et le marché du travail. « Le plus grand frein reste l’accès à une formation de qualité, un accès au matériel, a l’information. La compétence est le passeport pour l’avenir ». Il conclut que dans un contexte où les métiers évoluent rapidement, posséder des compétences devient indispensable, et pouvoir les valoriser constitue le véritable défi.

Kemnelem Sophie

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