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Editorial

Éditorial : Un silence inquiétant

Depuis plus d’un an, un silence inhabituel s’est installé. Celui des associations de défense des droits des consommateurs et de nombreuses organisations de la société civile engagées dans la défense des droits des citoyens. Un mutisme qui interpelle, inquiète et laisse plus d’un Tchadien perplexe. Plus étonnant encore, il soulève des interrogations au sein même des milieux économiques et commerciaux.

Pourtant, la défense des consommateurs ne peut être l’affaire d’une seule institution. Elle exige une mobilisation collective où pouvoirs publics, associations, organisations professionnelles et société civile agissent de concert. Or, aujourd’hui, le Ministère du Commerce et de l’Industrie semble mener ce combat presque seul.

Lors de son point de presse du 24 juillet 2026 consacré aux opérations nationales de contrôle des unités de production des denrées alimentaires, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Guibolo Fanga Mathieu, a affiché une position sans ambiguïté : « La santé et la sécurité des consommateurs ne sont pas négociables». Une déclaration forte qui s’accompagne d’une volonté affichée de poursuivre les contrôles malgré les critiques.

Les inspections menées à travers le pays ont révélé, chez certains producteurs, des manquements importants aux normes de qualité, aux règles d’hygiène ainsi qu’à la réglementation en vigueur. Face à ces constats, le Ministère a décidé de prendre des mesures administratives, notamment des suspensions temporaires d’activités et le retrait du marché des produits jugés non conformes.

À ceux qui dénoncent ces décisions ou y voient des règlements de comptes, le ministre oppose un argument de taille : les sanctions ne reposent ni sur des rumeurs, ni sur des appréciations subjectives. Elles sont fondées exclusivement sur des analyses techniques et scientifiques réalisées par les institutions compétentes. L’objectif affiché est double : protéger la santé des consommateurs tout en favorisant l’émergence d’une industrie nationale respectueuse des normes de qualité.

Cette démarche mérite d’être soutenue. Car la qualité des produits tchadiens n’est plus seulement une exigence sanitaire ; elle constitue désormais un impératif économique et un facteur essentiel de compétitivité. Dans un contexte où les marchés deviennent de plus en plus exigeants, produire selon les normes est une condition indispensable pour gagner la confiance des consommateurs et conquérir de nouveaux débouchés.

Il est également temps de mettre fin aux pratiques qui privilégient le profit au détriment de la santé publique. Aucun intérêt commercial ne saurait justifier la mise sur le marché de produits susceptibles de mettre en danger la vie des consommateurs.

C’est pourquoi l’Association pour la Défense des Droits des Consommateurs (ADC), la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et de l’Artisanat (CCIAMA), ainsi que l’ensemble des organisations concernées, doivent sortir de leur réserve. Leur rôle est d’accompagner, de sensibiliser, de contrôler et, lorsque cela est nécessaire, d’interpeller les pouvoirs publics tout comme les opérateurs économiques.

La protection des consommateurs est une responsabilité partagée. Le combat pour des produits sûrs, conformes aux normes nationales et internationales, ne peut être remporté par le seul ministère du Commerce et de l’Industrie. Il exige l’engagement de tous. Le silence, dans un domaine aussi sensible que la santé publique, ne saurait être une option.

La Rédaction

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