Le Tchad affiche un taux de croissance de 5,6% en 2025. L’annonce a été faite par la Banque Mondiale (BM) lors d’un rapport officiel. Cette performance, après plusieurs années de défis persistants, d’ordre sécuritaire, budgétaire et climatique, est appréciable à sa juste valeur. A y voir de près, cela sous-entend une économie en pleine forme avec de multiples investissements et un redressement des recettes.
Mais que représente cette embellie pour le citoyen lambda ? Qu’est-ce que cela signifie pour le paysan, toujours dépendant de la clémence du ciel pour espérer obtenir son pain quotidien. Quid de ces nombreux diplômés sans emploi ? Eux dont le souci majeur tourne autour de l’accès à l’eau potable, à une alimentation saine, aux soins de santé, à un logement décent, etc., bref à de meilleures conditions de vie et de travail. L’on se demande comment faire pour que ce taux soit visible dans le quotidien de la population par la modernisation des infrastructures et la création de la richesse et de l’emploi.
Le Tchad doit faire des efforts pour que cette croissance ne soit pas sans impact et ne sonne pas creux aux oreilles de ses filles et fils. Elle doit se répercuter sur tous les autres secteurs pour permettre un développement harmonieux, parce que le chiffre ne signifie pas grand-chose ni ne modifie, à lui seul, la vie des habitants d’un Etat. Des mécanismes doivent être pensés et des balises posées avec à la clé la culture de la transparence afin de tirer le pays vers le haut. C’est seulement de cette manière que les citoyens pourraient tirer profit de cet envol. De cette politique économique, peuvent naitre des classes moyennes à travers les secteurs porteurs comme les mines, l’agriculture, les BTP et l’énergie, entre autres. Avec les moyens et les ressources disponibles, l’Etat est appelé à sécuriser les zones de production, les routes et investir dans l’agriculture pour qu’elle ne soit pas sujette aux aléas climatiques.
La croissance n’est pas une fin en soi. C’est plutôt un pallier qui, pour être franchi, exige ambition et efficacité. Ainsi, maintenir le cap demeure crucial. Pour y arriver, la transformation locale des matières premières doit s’inscrire en bonne place. Dans une rigoureuse discipline budgétaire, l’Etat doit investir dans ce qui rapporte à long terme, et chaque franc doit servir le citoyen. Comme jalons, le pays pourrait faciliter l’accès au financement et en finir avec les tracasseries administratives, en vue de favoriser le développement de l’entrepreneuriat. Les 5,6 % de 2025 constituent une porte ouverte. Il faut la franchir par une discipline et une vision constante. Le Tchad doit avec cette embellie lancer une ère de transformation socio-économique parce que le but n’est pas d’avoir le plus beau taux de croissance d’Afrique, mais de faire en sorte que dans les années à venir, les Tchadiens de toutes les contrées puissent toucher du doigt et témoigner des changements.
La Rédaction












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