Trois conteneurs de médicaments de qualité inférieure et falsifiés ont été détruits à Gassi, le mercredi 26 août 2026. L’opération, lancée par le coordonnateur adjoint du Bureau d’appui, de conseil et de suivi au Secrétariat général du ministère de la Santé publique et de la Prévention, Dr Gouara Outche, intervient après la saisie de ces produits à Toukra. Elle a été conduite sous le contrôle conjoint de la Commission nationale de lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés, avec l’appui de la Police nationale.
Les produits détruits ne sont pas de simples marchandises frauduleuses. Ils sont contrefaits, non homologués, d’origine douteuse, dépourvus de traçabilité et introduits sur le territoire national sans autorisation d’importation. Saisis dans la cour du secteur mobile de surveillance des douanes de Chari-Logone et Hadjer-Lamis, ces médicaments constituent une menace sérieuse pour la santé des populations. Comme l’a rappelé Dr Gouara Outche, « les médicaments de la rue et les contrefaçons ne sont pas des soins, ce sont des poisons ».
Cette opération mérite d’être saluée. Elle témoigne de la volonté des autorités de débarrasser le marché de produits susceptibles de provoquer des intoxications, des complications médicales voire des décès. Mais elle soulève également une interrogation fondamentale : comment de telles quantités de produits dangereux parviennent-elles à entrer sur le territoire national malgré l’existence des postes de contrôle douanier et des dispositifs de surveillance ?
La question est d’autant plus préoccupante que les opérations de saisie et de destruction semblent se répéter régulièrement. La Police nationale, la gendarmerie et les services du ministère de la Santé publique sont appelés, à intervalles rapprochés, à intercepter puis détruire des produits illicites. Or, derrière chaque cargaison saisie se cache probablement un réseau organisé, avec des fournisseurs, des transporteurs, des intermédiaires et des distributeurs.
Dès lors, l’incinération des produits prohibés ne saurait constituer l’ultime réponse de l’État. Elle permet certes de neutraliser immédiatement le danger, mais elle ne s’attaque pas à la source du problème. Il faut enquêter, identifier les responsables, remonter les filières d’approvisionnement et sanctionner, conformément à la loi, tous ceux qui participent à ce commerce criminel, y compris les éventuels complices qui facilitent son entrée et sa distribution.
Car le véritable enjeu dépasse largement la destruction de trois conteneurs. Il s’agit de protéger des vies, de préserver la confiance dans le système de santé et de défendre l’avenir d’une population, notamment de sa jeunesse. Tant que les réseaux continueront à prospérer, d’autres cargaisons chercheront à franchir les frontières et à atteindre les marchés.
La lutte contre les médicaments falsifiés exige donc une réponse permanente, coordonnée et rigoureuse. Détruire les produits est nécessaire ; démanteler les réseaux qui les font circuler est indispensable.
La Rédaction












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