Le sous-préfet de Daboua, Yapet Barthélemy, tire la sonnette d’alarme face à la dégradation des conditions de vie des populations de cette sous-préfecture du département de Fouli, dans la province du Lac. Il appelle le gouvernement, les acteurs humanitaires et les personnes de bonne volonté à renforcer l’assistance en faveur des populations vulnérables.
Dans le cadre du suivi des activités et de l’aide humanitaire dans la province du Lac, conduit par l’ONG Oxfam Tchad, le sous-préfet de Daboua, Yapet Barthélemy, a fait le point sur la situation générale de sa circonscription. Il a évoqué plusieurs difficultés auxquelles font face les populations, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’agriculture, de l’élevage, de l’éducation et du coût de la vie.
Sur le plan sécuritaire, l’administrateur a assure que la situation demeure relativement calme. Il souligne la présence de positions militaires dans plusieurs localités ainsi que le maintien d’un dispositif de surveillance et de vigilance. Toutefois, certaines zones riveraines restent difficiles d’accès en raison des risques liés aux activités des groupes armés. « Il n’y a pas d’inquiétude majeure à signaler de ce côté. Néanmoins, au bord du fleuve, les activités sont limitées », a indiqué Yapet Barthélemy.
La présence de Boko Haram dans certaines îles environnantes continue, selon lui, de perturber les activités économiques des populations. L’agriculture, l’élevage et la pêche, qui constituent les principales sources de revenus, sont particulièrement affectés. L’accès aux rives expose les populations à des risques d’enlèvement, d’agression et de vol de bétail.
Le sous-préfet estime également que la précarité économique constitue un facteur de vulnérabilité pour la jeunesse. « De plus, la précarité pousse certains jeunes à se faire embrigader par ces groupes », a-t-il affirmé.
Une pluviométrie préoccupante
La situation pluviométrique de cette année suscite également de fortes inquiétudes. Selon le sous-préfet, Daboua n’aurait enregistré qu’une seule pluie depuis le début de l’année. Une situation qui plonge les populations dans le désespoir et compromet fortement les activités agricoles et pastorales.
L’absence de précipitations empêche les travaux champêtres et réduit considérablement les ressources fourragères pour le bétail. « Les difficultés rencontrées sont énormes », a relevé l’administrateur, appelant à la mobilisation de ressources pour prévenir une crise alimentaire.
La diminution des pâturages commence déjà à avoir des conséquences sur le cheptel, avec des cas de mortalité animale signalés. Pour une population qui dépend largement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, cette situation pourrait aggraver davantage la vulnérabilité des ménages.
Le secteur de l’éducation constitue un autre sujet de préoccupation. Yapet Barthélemy fait état d’un faible taux de scolarisation des enfants dans sa circonscription. « Nous faisons face à un grave problème de scolarisation des enfants », a-t-il déclaré.
Pour tenter d’inverser cette tendance, les autorités locales travaillent avec les leaders communautaires à travers des campagnes de sensibilisation destinées à convaincre les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Le sous-préfet estime que les enfants privés d’éducation sont davantage exposés aux risques de manipulation et d’embrigadement.
À ces difficultés s’ajoute la hausse du coût de la vie. La baisse de la production agricole et la diminution du cheptel réduisent les revenus des ménages, alors que les prix des produits sur les marchés connaissent une augmentation importante. Cette situation affaiblit davantage le pouvoir d’achat des populations et complique leur accès aux produits de première nécessité.
Face à cette accumulation de difficultés, Yapet Barthélemy a lancé un appel aux autorités tchadiennes, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté. Il plaide pour une assistance d’urgence afin d’aider les populations de Daboua à faire face aux conséquences de la faible pluviométrie et à une éventuelle aggravation de la situation alimentaire dans les prochains mois.
Newingar Minguéngué Jacqueline












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