Le Tchad se montre toujours au rendez-vous de la sécurité. Du Sahel aux Caraïbes, le Pays élargit son engagement dans les opérations internationales de sécurité. Après avoir pris part aux différents dispositifs sécuritaires au Mali, au Cameroun, en République démocratique du Congo et dans d’autres théâtres d’opérations, le pays vient une nouvelle fois de franchir les frontières du continent africain. Cette fois, c’est Haïti qui accueille des forces tchadiennes appelées à contribuer à la lutte contre les groupes armés.
Le vendredi 18 septembre 2026, un nouveau contingent de 350 soldats tchadiens a quitté N’Djamena pour rejoindre la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti. Cette arrivée vient renforcer un premier contingent déjà déployé sur place. Au total, 750 éléments des forces de défense et de sécurité tchadiennes doivent participer à cette mission internationale soutenue par les Nations unies.
Ce déploiement dépasse le simple déplacement de troupes d’un point à un autre. Il traduit une volonté affichée par les autorités tchadiennes de participer aux efforts internationaux en faveur de la sécurité collective. Dans un pays comme Haïti, confronté à une forte emprise des groupes armés sur plusieurs secteurs de Port-au-Prince, la présence de forces étrangères répond à une situation sécuritaire particulièrement complexe.
Pour le Tchad, cette mission constitue également une nouvelle expérience opérationnelle. Les autorités tchadiennes mettent notamment en avant l’acquisition d’expérience dans un environnement urbain complexe, l’interopérabilité avec les forces étrangères et le renforcement de la coopération sécuritaire et diplomatique avec les partenaires internationaux. Mais derrière cette projection extérieure se trouve une réalité qui mérite d’être regardée avec lucidité. Celle d’Intervenir pour contribuer au rétablissement de la sécurité dans un pays en crise qui comporte toujours des risques. Haïti n’est pas un terrain d’opération classique. Les groupes armés y disposent d’une capacité importante de nuisance et la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante. La réussite d’une telle mission ne dépendra donc pas uniquement du nombre de soldats déployés, mais aussi de la coordination avec les forces haïtiennes, de la stratégie adoptée et de la capacité de la communauté internationale à accompagner durablement le pays.
Le choix du Tchad de participer à cette mission pose également une question plus large : quelle place un pays africain entend-il occuper dans les mécanismes internationaux de maintien de la paix et de lutte contre l’insécurité ?
En choisissant de répondre présent en Haïti, le Tchad inscrit son action dans une tradition d’engagement extérieur de ses forces de défense et de sécurité. Du continent africain aux Caraïbes, le message est clair. La sécurité ne connaît pas de frontières lorsque les crises deviennent internationales.
Reste désormais que cette présence contribue concrètement à la protection des populations haïtiennes et au retour progressif de la sécurité. Car au-delà des uniformes, des véhicules et des effectifs déployés, l’enjeu véritable demeure celui d’une population qui aspire simplement à vivre, circuler et travailler sans la menace permanente des groupes armés.
Le Tchad a franchi le pas. Il lui appartient désormais, avec ses partenaires, de transformer cet engagement en résultats durables sur le terrain.
La Rédaction










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