La réunion du Directoire qui vient de s’achever, le jeudi 17 septembre 2026, à N’Djaména sous la présidence du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de la Formation professionnelle, aura marqué un tournant par la pertinence de ses orientations.
En plaçant au cœur de ses discussions deux thématiques majeures, à savoir l’employabilité des diplômés et la digitalisation du système universitaire, le Ministère a fait le choix de la lucidité et du courage. Il était temps car le constat s’impose, désormais, à tous avec une acuité sans pareille.
L’enseignement supérieur tchadien, malgré ses progrès quantitatifs indéniables, souffre d’une profonde inadéquation avec les réalités du marché du travail. Pendant longtemps, l’université tchadienne s’est conçue comme un sanctuaire du savoir théorique.
Sa noble mission était de transmettre, de conserver et de former des érudits. Cette mission demeure, mais elle ne suffit plus.
À l’heure de la mondialisation et de la révolution numérique, transmettre des connaissances théoriques, sans préparer à leur usage opérationnel, relève d’une forme de démission.
Le monde professionnel, en effet, n’est plus celui d’hier. Il est en perpétuelle mutation, façonné par la transformation digitale, l’irruption de l’Intelligence artificielle (IA), l’innovation technologique et l’évolution fulgurante des métiers. Des métiers disparaissent, d’autres naissent, la plupart se transforment. Dans ce contexte, un diplôme qui ne s’accompagne pas de compétences pratiques, numériques et comportementales est fragile. C’est tout le sens de l’accent mis sur l’employabilité lors de cette réunion du Directoire. L’employabilité ne saurait être réduite à un slogan. Elle est l’exigence même de l’efficacité de tout système éducatif futuriste. Elle commande de repenser en profondeur les curricula, d’associer étroitement le secteur privé à l’élaboration des programmes, de généraliser les stages professionnalisants, l’alternance et l’initiation à l’entrepreneuriat.
Un étudiant formé en Droit est appelé à comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Un autre en Agronomie doit maîtriser les outils de l’agriculture de précision. Celui ou celle diplômé en Lettres doit savoir manier les outils du marketing digital. Telle est la nouvelle donne.
Le second pilier de cette refondation, la digitalisation, est tout aussi fondamental. Elle ne doit pas être perçue comme un simple équipement de quelques salles en ordinateurs ou en vidéoprojecteurs. La digitalisation est une philosophie, une méthode, un écosystème. Digitaliser l’université revient à dématérialiser les cours et les rendre accessibles, à former le corps enseignant aux pédagogies innovantes, à doter les campus d’une connectivité haut débit, à créer des laboratoires de fabrication numérique, des incubateurs et des plateformes de cours en ligne. C’est, en somme, faire entrer définitivement l’université tchadienne dans le 21ème siècle.
Ces assises auront donc eu le mérite de poser les bonnes questions. Au-delà des questions, il convient d’apporter, désormais, les bonnes réponses, par un plan d’action concret, chiffré et assorti d’un calendrier de mise en œuvre rigoureux. Car l’avenir de la jeunesse et la compétitivité de l’économie nationale en dépendent.










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