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Editorial

Éditorial : Renforcer la culture du numérique

Le Tchad a accueilli, au courant de la semaine, une délégation nigériane conduite par le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Dr Bosun Tijani. Plusieurs séances de travail ont eu lieu avec le ministère tchadien des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation. L’échange d’expériences est axé sur les infrastructures numériques et les innovations. Dans un monde où l’innovation à travers l’intelligence artificielle est devenue le pivot de la productivité, les coopérations dans le domaine s’imposent.

Le Tchad, est entrain de tracer sa voie depuis sa volonté de migrer vers le numérique. La création de l’Agence de Développement des Technologies de l’Information et de la Communication (ADETIC) en 2014, dénote de cette volonté de construire une architecture numérique solide. Un projet de création des plateformes numériques pour les ministères a été mis en place. A la clé, des sites internet et des formations pour les attachés de presse. Mais à ce jour où en sommes-nous ? Certains sites ne sont pas fonctionnels, d’autres n’ont aucune donnée actualisée.

Le numérique est tout un écosystème. La volonté de l’État de faire de cet instrument un levier de développement à tous les niveaux ne doit pas seulement se focaliser sur l’administration publique. Le secteur privé et les initiatives des jeunes, par exemple les incubateurs comme Wenaklabs sont de nature à encourager afin de développer la culture du numérique à la base. L’idée ne serait pas seulement d’avoir des solutions au niveau national mais d’avoir aussi l’ambition comme tout autre bien de les exporter. Jusqu’ici, le Tchad importe des solutions comme le SIGFIB. N’existe-t-il pas des risques que les données de l’État se retrouvent entre les mains de l’extérieur qui pourraient en faire un mauvais usage ? Alors qu’il existe des incubateurs s’ils sont bien accompagnés par l’État, sont à même de faire mieux. L’évolution de la géopolitique aujourd’hui ne fait pas du numérique qu’un outil de développement, mais de la souveraineté.

La transversalité du domaine impose d’insérer un curricula des métiers de l’innovation au niveau de l’enseignement secondaire. Le socle permettra de se projeter les années à venir comme un hub de la technologie. De nos jours, le numérique est devenu du concret pas du virtuel pour s’attarder sur des séminaires et accords. Si le tchadien à revenu moyen n’a pas la possibilité d’aller vers le numérique, il faut que le numérique vienne à lui. Combien de tchadiens aujourd’hui même instruits sont capables de faire usage des outils disponibles. Quand on pense que pour s’inscrire à l’université, il est difficile pour certains bacheliers voire parents d’utiliser la plateforme qui y ait dédié ? Au point de faire recours aux cybers café et autres. Voilà un cas concret qui peut orienter les décideurs à incuber tôt le numérique dans le système tchadien.

La rédaction

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