À l’occasion de la 41ème Journée du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel(CILSS), célébrée le 12 septembre 2026, le président de la République, le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, a adressé un message dont la portée dépasse le cadre commémoratif. Il a posé les jalons d’une ambition : accroître la productivité agricole de l’espace sahélien afin de répondre durablement aux besoins alimentaires des populations.
Cette orientation s’impose avec acuité. Le Sahel connaît une croissance démographique soutenue. Les aléas climatiques, les conflits et la dégradation des terres rendent les systèmes alimentaires vulnérables. Dans ce contexte, produire est une nécessité vitale. Il s’agit de tirer la meilleure partie des potentialités : terres cultivables, ressources en eau, savoir-faire et dynamisme de la jeunesse. Car, la sécurité alimentaire se construit dans les champs, au prix de l’effort et de l’innovation.
Toutefois, le Chef de l’Etat a assorti cette exigence de productivité de deux conditions essentielles. Produire en quantité ne saurait se faire au détriment de la santé des consommateurs. L’usage incontrôlé d’intrants chimiques, la mauvaise conservation des récoltes et le manque de traçabilité exposent les populations à des risques sanitaires. Or, une alimentation abondante mais de mauvaise qualité ne répondrait que partiellement à l’exigence de souveraineté alimentaire. Il convient donc de promouvoir des filières saines, de renforcer les contrôles, de former les producteurs aux bonnes pratiques et de valoriser les produits locaux labellisés.
La préservation des ressources naturelles est déterminante. L’histoire récente du Sahel enseigne que toute croissance agricole bâtie sur l’appauvrissement des sols et des eaux est vouée à l’échec. Les nappes phréatiques s’épuisent, la désertification progresse, la fertilité des terres diminue. C’est pourquoi, la vision présidentielle invite à une agriculture raisonnée. Elle appelle à la généralisation des techniques agroécologiques, à la gestion durable des pâturages, à la lutte contre la coupe abusive du bois et à la restauration des terres dégradées.
Le Tchad a un rôle moteur à jouer dans cette dynamique régionale, il dispose d’atouts considérables. La volonté politique est affirmée au plus haut niveau. Il revient désormais aux administrations, aux collectivités, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations paysannes de traduire cette vision en programmes concrets. Cela passe par l’accès au crédit agricole, la mécanisation, la maîtrise de l’irrigation, la recherche agronomique et le désenclavement des zones de production. Cela passe aussi par l’éducation des consommateurs et la promotion du “consommer local”. La 41ème journée du CILSS constitue un point de départ. Il est temps de développer une agriculture sahélienne plus productive, plus propre et plus résiliente. La souveraineté alimentaire que le Tchad appelle de ses vœux ne sera pas le fruit du hasard. Elle sera le résultat d’un choix collectif de produire davantage et de préserver ce qui fait la richesse du Tchad. C’est à ce prix que le Sahel vaincra la faim et assurera à ses enfants un avenir digne.
La Rédaction










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