Après le choléra, le Tchad fait désormais face à une nouvelle menace sanitaire la dengue. Selon le bilan officiel présenté par Dr Fissou Henry Yandaï, responsable de la riposte le 19 octobre 2026, le pays compte plus de 3 000 cas suspects, 250 cas confirmés et 8 décès. Déclarée le 3 octobre dernier, cette deuxième épidémie de dengue, après celle de 2023, touche déjà six provinces dont le Wadi-Fira, le Ouaddaï, le Sila, le Batha et N’Djaména.
Derrière ces chiffres se cachent des familles endeuillées, des malades, des populations inquiètes et des citoyens qui vivent désormais dans la peur. Dans les localités touchées, l’inquiétude grandit face à la propagation de la maladie et aux décès rapportés par la population.
Mais une question se pose dans la tête de la population. Si la dengue n’a causé que 8 cas de décès, à quoi est dû le nombre élevé de décès, ces derniers temps. Si des décès supplémentaires sont signalés par les habitants, les autorités sanitaires doivent enquêter pour établir les faits.
La population a le droit de savoir ce qui se passe vraiment. Ces morts sont-ils directement liés à la dengue, à ses complications, à d’autres maladies ou à des difficultés d’accès aux soins ? Seules des investigations médicales rigoureuses permettront d’y répondre.
Dans un pays où pour certains, se faire consulter est souvent la dernière option après d’autres tentatives infructueuses, il n’est pas à exclure que la réalité soit davantage différente.
Il ne s’agit ni de semer la panique ni de contester sans preuves, les chiffres officiels, mais d’exiger la transparence, la vigilance et la responsabilité. Chaque décès doit faire l’objet d’une attention particulière afin de déterminer sa cause et d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines. Ainsi, l’implication et la formation des relais communautaires pourraient contribuer à mieux actualiser les données sur la maladie.
Le gouvernement et les autorités sanitaires doivent renforcer la surveillance épidémiologique, faciliter l’accès aux soins, intensifier la lutte contre les moustiques et communiquer régulièrement des bilans détaillés.
Les citoyens, eux aussi, doivent être sensibilisés aux symptômes et aux mesures de prévention. Car, même si l’on remarque une certaine prise de conscience, ils sont nombreux, ceux qui font de la dengue, une affaire des autres. Cela interpelle d’autant plus qu’il n’y a que la synergie d’actions qui peut contribuer à inverser la tendance.
Face à cette épidémie, le silence et les approximations ne peuvent remplacer l’information. La population tchadienne mérite des réponses précises, des actions concrètes et une protection efficace. Car derrière chaque chiffre se trouve une vie humaine, et aucune vie ne devrait être considérée comme une simple statistique.
La Rédaction










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