Dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme 14 du Plan national de développement (PND) « Tchad Connexion 2030 », l’Office national de la sécurité routière (ONASER) renforce ses actions de sensibilisation sur les routes tchadiennes. La directrice générale de l’ONASER, Dr Zam-Zam Ahmat Karambal, s’est rendue le jeudi 22 octobre 2026, à la gare routière Abouhamama au quartier Karkandjié dans le 5ème arrondissement et au parc de gros porteurs de Sandjéré dans le 10ème arrondissement pour échanger avec les transporteurs et les responsables syndicaux sur les principales irrégularités constatées sur les véhicules.
Cette descente de terrain s’inscrit dans le prolongement des opérations pédagogiques menées par la Brigade active de sécurité routière depuis son lancement officiel le 2 septembre 2026. Elle vise à présenter aux acteurs du transport les infractions les plus fréquemment relevées et à les inviter à prendre les dispositions nécessaires pour se conformer à la réglementation en vigueur. L’objectif reste le même : réduire les accidents, protéger les vies humaines et faire du respect du Code de la route une responsabilité partagée par tous.
Au cours de cette rencontre, la directrice générale de l’ONASER a réaffirmé la volonté de l’institution de privilégier la sensibilisation et la prévention avant l’application des sanctions. Selon elle, les premières opérations de contrôle permettent aux agents de relever les irrégularités, d’expliquer les risques aux conducteurs et de les encourager à adopter des comportements responsables. « Prévenus aujourd’hui, en règle demain », tel est le message central de cette campagne, qui entend responsabiliser aussi bien les conducteurs que les propriétaires de véhicules et les gestionnaires des agences de transport. Parmi les irrégularités relevées par la Brigade active, les phares éblouissants et les dispositifs d’éclairage non conformes constituent une préoccupation majeure. Ces équipements peuvent réduire la visibilité des autres usagers et augmenter les risques d’accident, particulièrement lors des déplacements nocturnes. Pour Dr Zam-Zam Ahmat Karambal, l’ONASER accorde aux propriétaires et aux conducteurs de bus, de minibus et de poids lourds un délai de deux semaines, soit jusqu’au 5 novembre 2026, pour remplacer les installations d’éclairage non conformes. Passé ce délai, la Brigade procédera au retrait systématique des équipements ajoutés qui ne respectent pas les prescriptions réglementaires. Outre l’éclairage, les contrôles porteront sur le port de la ceinture de sécurité, la validité du permis de conduire, le fonctionnement des feux arrière et des clignotants, l’état des pneumatiques, la présence du triangle de pré signalisation, le respect du nombre de places autorisé ainsi que l’état général des véhicules. Elle a appelé ainsi les professionnels du transport à anticiper les contrôles en procédant dès maintenant aux réparations et aux régularisations nécessaires.
Les transporteurs appelés à collaborer
Les responsables syndicaux et les représentants des transporteurs ont également pris part aux échanges. Barkaï Tchoue Mahamat, président de la plateforme des transporteurs, a évoqué les difficultés rencontrées dans le secteur et l’importance de la collaboration entre les conducteurs, les propriétaires de véhicules et les responsables concernés. Pour lui, la question de la fiche de constatation permet de signaler les irrégularités observées sur les véhicules et d’informer les chauffeurs des corrections à apporter. Selon lui, cette démarche de sensibilisation doit favoriser une meilleure compréhension des exigences de sécurité routière et une responsabilisation accrue des différents acteurs. Pour l’ONASER, la sécurité routière ne relève pas uniquement de l’action des agents de contrôle. Il a mis l’accent sur la nécessité de l’engagement des transporteurs, des chauffeurs, des passagers, des familles et de l’ensemble des citoyens. Le président de la plateforme des transporteurs a invité ainsi les conducteurs à vérifier systématiquement l’état de leurs véhicules avant chaque départ, à respecter les limitations de vitesse, à éviter la surcharge et à ne pas utiliser le téléphone au volant. Les passagers sont, pour leur part, encouragés à attacher leur ceinture et à refuser les places supplémentaires non autorisées.
De son côté, Issakha Adam, vice-président des syndicats de transport interurbain, a abordé les enjeux liés à cette phase pédagogique et à la collaboration entre les professionnels du transport et les services chargés de la sécurité routière. Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’une implication collective pour réduire les comportements à risque et prévenir les accidents. Les propriétaires et les gestionnaires des agences ont un rôle important à jouer dans l’entretien des véhicules, le respect du nombre de passagers autorisé et l’organisation des départs.
À travers la réforme R14 du PND « Tchad Connexion 2030 », l’opérationnalisation de la Brigade active de sécurité routière vise à renforcer la surveillance, la prévention, le contrôle et l’assistance aux usagers de la route. En privilégiant d’abord l’explication et la concertation avec les acteurs du secteur, l’ONASER entend favoriser une mise en conformité progressive des véhicules et instaurer durablement une culture de la sécurité routière au Tchad.
Alladigba Donatien












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