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Economie

AFROSAI : 50 ans de coopération, l’Afrique face au défi de la transparence financière

La capitale tchadienne accueille, ce mercredi 4 novembre 2026, la 63e réunion du comité directeur de l’Organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (AFROSAI), couplée à la célébration de son cinquantenaire. La cérémonie officielle d’ouverture, a été présidée par le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, représentant le chef de l’État, le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno.

Cette rencontre rassemble les responsables des institutions supérieures de contrôle des finances publiques de plusieurs pays africains autour des défis liés à la transparence, à la redevabilité et à la bonne gouvernance. Elle offre également l’occasion de faire le bilan de cinquante années de coopération continentale et de définir de nouvelles perspectives pour améliorer le contrôle de la gestion des ressources publiques.

Le maire de la ville de N’Djaména, Senoussi Hassana Abdoulaye, a salué le choix porté sur le Tchad pour abriter ces assises. Il a rappelé que la bonne gouvernance et la gestion rigoureuse des ressources publiques constituent des exigences fondamentales pour les États comme pour les collectivités territoriales. Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité de faire de la transparence un principe incontournable dans la conduite des politiques publiques.

La présidente de la Cour des comptes du Tchad, Zara Ibrahim Mahamat Itno, a exprimé sa gratitude aux autorités nationales pour leur accompagnement dans l’organisation de cette rencontre. Elle a salué la mobilisation des institutions africaines, qui permet de favoriser le partage d’expériences, la mutualisation des compétences et la diffusion des bonnes pratiques. Elle a également réaffirmé l’engagement de la Cour des comptes du Tchad à contribuer au renforcement et au rayonnement de l’AFROSAI.

La vice-présidente de l’organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques, Nancy Gathungu, a également pris part à la cérémonie. Pour sa part, la présidente de la Cour des comptes du Maroc, Zineb El Adaoui, a mis l’accent sur la nécessité de préserver la régularité des réunions statutaires. Selon elle, le respect des engagements et la participation effective des institutions membres constituent des conditions essentielles à la crédibilité et à la redevabilité de l’organisation.

Renforcer les mécanismes de contrôle

Ouvrant officiellement les travaux, le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, a rappelé que l’AFROSAI, créée en novembre 1976 à Yaoundé, au Cameroun, représente depuis cinq décennies un cadre privilégié de coopération entre les institutions supérieures de contrôle du continent. Il a rendu hommage aux pionniers et aux dirigeants successifs qui ont contribué à son développement.

Évoquant les défis auxquels l’Afrique fait face, le chef du gouvernement a notamment cité le chômage des jeunes, les vulnérabilités économiques, le déficit d’infrastructures, les changements climatiques et la soutenabilité de la dette publique. Face à ces enjeux, il a souligné que chaque dépense publique doit être justifiée, contrôlée et produire des résultats tangibles au profit des populations.

Le Premier ministre a particulièrement insisté sur le rôle des institutions supérieures de contrôle dans la prévention des irrégularités, la lutte contre la corruption et la consolidation de la confiance entre l’État et les citoyens. Il a également plaidé pour un audit indépendant de la dette publique, afin de s’assurer que les emprunts contractés par les États répondent à des besoins réels et contribuent effectivement au développement.

Réaffirmant la détermination du Tchad à combattre les détournements de deniers publics, les flux financiers illicites et l’évasion fiscale, il a mis en avant les avancées du cadre institutionnel national, notamment l’adoption de la loi organique n°007/PR/2024 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour des comptes.

« L’Afrique n’a pas seulement besoin de mobiliser davantage de ressources, elle a surtout besoin de garantir que chaque ressource mobilisée se transforme en une école construite, en un hôpital équipé, en une route praticable, en un emploi créé et en une vie améliorée », a déclaré le Premier ministre.

Yonwa Maïlébélé

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