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Société

Conflits fonciers : Une table ronde pour exorciser le mal

Le Centre d’étude pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE) a organisé, le jeudi 14 mars 2024, une table ronde sur « Les Conflits fonciers au Tchad : causes et moyens de prévention ». Les échanges sont dirigés par Pr Baohoutou Laohoté, géographe et secrétaire scientifique de l’Observatoire du foncier au Tchad et Logam Lawane, doctorant en sociologie.

Le foncier est au cœur du développement a relevé le Pr Baohoutou Laohoté. Il a rappelé que le Tchad est un pays vaste avec moins de 20 millions d’habitants. Mais, ce qui est paradoxal, le pays connait des conflits fonciers. Dans l’identification des causes, le géographe a indexé dans un premier temps, la coexistence des droits coutumier, islamique et moderne. Le premier est appliqué beaucoup plus dans le sud et le second dans la communauté musulmane. Au niveau de l’Etat, le droit moderne sur le foncier de 1967 est inspiré du droit français et donc en déphasage avec certaines réalités tchadiennes. La descente précoce des éleveurs et la conduite des troupeaux par les enfants bouviers constituent également une cause importante de conflit foncier. De l’autre côté, l’extension des champs dans les couloirs de transhumance engendre aussi des conflits.

Logam Lawane a présenté les indicateurs des conflits fonciers : causes et impactes sur le développement. Les indicateurs majeurs sont, entre autres, les plaintes dans les brigades, les procès en justice, les querelles des bornes. Selon Logam Lawane, l’Etat n’a pas planifié la ville au préalable. Par manque de vulgarisation des textes régissant le foncier au Tchad, la population sombre dans l’ignorance quant à l’importance de l’immatriculation des terres. Il a souligné l’aspect de la démographie incontrôlée au sein de la population humaine qu’animale.

Les conséquences des conflits fonciers sont d’ordre humain, matériel et social. Les panélistes ont proposé des pistes de solutions afin de résoudre le problème et créer un climat de paix. Pr Baohoutou Laohoté propose la mise en place des mécanismes efficaces de règlement au niveau individuel, communautaire et étatique. Le secrétaire scientifique de l’Observatoire du foncier au Tchad suggère aux citoyens désirant acquérir la terre de bien se renseigner sur la parcelle. Il faut accroître la sensibilisation au sein des communautés et établir des alliances entre les groupes. Logam Lawane a enrichi en suggérant la création des antennes de proximité pour la résolution des conflits liés au foncier. Le gouvernement est appelé à garantir le droit foncier aux citoyens en mettant l’accent sur les pauvres et les femmes. La lutte contre la corruption autour des problèmes fonciers doit être accentuée.

Les participants ont mis un accent sur les mécanismes locaux de résolution des conflits. A ce niveau, Logam Lawane a relevé qu’ils existent mais présentent des limites. Ces limites explique-t-il, sont de l’ordre de l’exclusion. Souvent, ces cadres ne prennent pas en compte tous les acteurs. La responsabilité de l’Etat en ce qui concerne les expropriations et déguerpissements pour cause d’utilité publique sans dédommagement, les panélistes le reconnaissent comme un vrai problème. Pour renforcer cette position, Logam Lawane soutient que parfois, l’Etat ne tient pas compte des liens culturels que les gens entretiennent avec la terre.

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ATPE

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