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Développement Tchad

Accès à l’eau potable : L’Afrique parle d’une seule voix

Le Forum africain de l’eau s’est achevé sur un appel fort à l’unité et à l’action. La cérémonie de clôture est présidée par le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, représentant le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno.

Les travaux du Forum africain de l’eau ont abouti sur un engagement commun à garantir un accès universel à l’eau potable et à des services d’assainissement de qualité. Les pactes nationaux de l’eau signés à l’occasion visent à améliorer l’accès à l’eau potable dans les différents pays africains. Ils constituent des cadres d’investissement et de redevabilité avec des objectifs mesurables, des financements identifiés et des mécanismes de suivi destinés à garantir leur mise en œuvre.

Le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, a souligné que cette rencontre s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’année africaine de l’eau, proclamée par l’Union africaine, ainsi que dans la mise en œuvre de la nouvelle Vision africaine de l’eau 2026-2063, adoptée à Dakar en octobre 2025. « L’eau n’est plus seulement un secteur de développement. Elle constitue désormais un levier stratégique de transformation des systèmes alimentaires, de résilience face aux changements climatiques, de création d’emplois, de prospérité partagée, de paix, d’intégration régionale et de souveraineté du continent », a-t-il déclaré.

Le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a insisté sur la nécessité de transformer les engagements pris durant le Forum en actions concrètes. Selon lui, les populations attendent des résultats tangibles, notamment un accès plus large, plus fiable et plus équitable à l’eau potable. Ces résultats, a-t-il précisé, dépendront de la rigueur et de la rapidité avec lesquelles les décisions adoptées seront mises en œuvre sur le terrain.

De son côté, le directeur général des Partenariats globaux de la Banque islamique de développement, Dr Issa Faye, a rappelé que des millions d’Africains restent privés d’un accès sécurisé à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats. Les infrastructures hydrauliques demeurent insuffisantes, vieillissantes et particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques. Les sécheresses, les inondations et la pression croissante sur les ressources en eau partagées affectent directement les moyens de subsistance, les villes, l’agriculture, les écosystèmes et les économies africaines.

Passer à l’action

Le Premier ministre, Amb. Allah Maye Halina, a exprimé, au nom du président de la République, sa satisfaction quant à la qualité des échanges et des recommandations formulées au cours de ces assises. « Ce que notre continent attend désormais, c’est une constance dans l’engagement politique, une accélération de la mobilisation des financements et une mise en œuvre des investissements à la hauteur des défis auxquels nos populations sont confrontées », a-t-il déclaré.

Le chef du Gouvernement a rappelé que l’eau est désormais au cœur des priorités stratégiques de l’Afrique. Selon lui, elle ne constitue pas une simple politique sectorielle, mais le socle de la souveraineté alimentaire, un moteur du développement économique, un garant de la santé publique et un puissant facteur de stabilité, de paix et de cohésion entre les communautés. « Le message qui s’élève de N’Djaména est sans ambiguïté : nous devons passer des projets dispersés à des programmes structurants, des engagements généraux à des calendriers précis, et des annonces de financement à des réalisations visibles dans les villes, les villages, les zones agricoles et pastorales », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a également salué l’adoption de la Déclaration de N’Djaména, qu’il a qualifiée d’étape historique. Ce document place l’eau au cœur de la transformation économique, sociale et climatique de l’Afrique et traduit une volonté politique collective de relever les défis du continent. « Ce n’est pas une déclaration d’intention de plus. C’est un engagement assorti d’objectifs chiffrés, de réformes clairement identifiées et de financements à mobiliser », a-t-il insisté.

Badour Oumar Ali

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