Les allergies touchent aujourd’hui des millions de personnes à travers le monde et varie d’une forme à une autre. L’organisme considère à tort certains éléments de l’environnement comme des menaces et déclenche une réponse immunitaire excessive. Cette réaction peut toucher différents organes, notamment la peau, les voies respiratoires, les yeux ou le tube digestif. Connaitre le type d’allergies permet de poser le diagnostic, de faire des analyses et d’adopter le traitement idéal.
La manifestation allergique varie d’une personne à une autre. Elle peut se traduire par des rougeurs cutanés, l’écoulement nasal, des démangeaisons, des difficultés respiratoires ou encore des éternuements fréquents. Faten M. O. souffre d’allergie depuis plusieurs années. Elle explique que l’allergie fait partie des maladies dont les symptômes ressemblent beaucoup à ceux du rhume. « Les effets déclencheurs qui provoquent le plus de symptômes chez moi sont la poussière et l’inhalation d’odeurs variées, qu’elles soient désagréables ou issues de parfums forts. La rougeur des yeux est souvent accompagnée de larmes et d’une forte sensation de démangeaison. En contact de l’eau de javel ou la consommation de certains aliments comme les lentilles, l’aubergine et les plats épicés, je me retrouve avec de démangeaisons cutanées et d’éruption avec rougeur », témoigne-t-elle.
Faten M. O. a précisé qu’elle arrive à distinguer l’allergie du rhume grâce à la durée des symptômes. « Les symptômes de l’allergie durent quelques heures seulement, voire quelques minutes, puis disparaissent avant de réapparaître soudainement selon le facteur déclenchant», ajoute-t-elle. Concernant le traitement, elle a expliqué qu’il n’existe pas de traitement définitif pour son cas et qu’elle se contente de prendre certains comprimés antidouleurs pour soulager les maux quand ils apparaissent.
La persistance des symptômes est un signe de distinction
De même, Halima H., étudiante explique que son allergie s’aggrave pendant la saison pluvieuse. « Pendant la saison des pluies, à cause de la poussière, les odeurs variées et du taux d’humidité élevé, j’éternue sans cesse pendant deux à quatre minutes. Lorsque je me couche, j’ai toujours du mal à respirer », affirme-t-elle.
Dr Abdelkader Oumar Kandjé, médecin généraliste, définit une allergie comme une réaction anormale du système immunitaire face à une substance normalement inoffensive pour la majorité des personnes. En pratique, l’organisme considère à tort certains éléments de l’environnement comme des menaces et déclenche une réponse immunitaire excessive. Cette réaction peut toucher différents organes, notamment la peau, les voies respiratoires, les yeux ou le tube digestif. « Il n’existe pas une cause unique. Les allergies apparaissent généralement à travers une interaction complexe entre des facteurs génétiques et environnementaux. Certaines personnes naissent avec un terrain favorable au développement des maladies allergiques mais l’environnement joue également un rôle important : pollution, exposition répétée à certains allergènes, habitudes de vie, modifications environnementales », précise-t-il. Le médecin ajoute par ailleurs que l’on assiste depuis plusieurs décennies à une augmentation mondiale des maladies allergiques, ce qui en fait aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.
Pour le médecin, il y a plusieurs types d’allergies. Les allergies respiratoires comme la rhinite allergique et l’asthme allergique, les allergies alimentaires, les allergies médicamenteuses, les allergies cutanées comme l’urticaire ou l’eczéma atopique, les allergies liées aux piqûres d’insectes et les allergies oculaires. Il précise par ailleurs que certaines allergies restent bénignes tandis que d’autres peuvent évoluer vers des réactions graves parfois potentiellement mortelles.
Le diagnostic est nécessaire
Dr Abdelkader Oumar Kandjé, indique que le diagnostic commence toujours par l’histoire clinique. L’interrogatoire du patient constitue souvent l’élément le plus important : circonstances d’apparition, fréquence, facteurs déclenchants, contexte familial, évolution des symptômes. Ensuite, selon les situations, il est possible de recourir à des tests cutanés, des examens biologiques ou parfois des tests plus spécialisés. Le médecin précise qu’aucun test ne remplace un raisonnement clinique rigoureux. Dr Abdelkader Oumar Kandjé, affirme que le traitement dépend évidemment du type d’allergie identifié. Dans la majorité des cas, la première étape consiste à limiter ou éviter l’exposition à l’allergène lorsque cela est possible. « Nous disposons également de traitements symptomatiques comme les antihistaminiques, certains anti-inflammatoires, des traitements respiratoires spécifiques ou encore l’adrénaline injectable dans les situations sévères. Dans certains cas bien sélectionnés, la désensibilisation allergénique peut permettre d’agir directement sur le mécanisme immunologique responsable », explique-t-il.
Le médecin souligne par ailleurs que la prévention reste un sujet complexe car toutes les allergies ne sont pas évitables, notant que certaines mesures peuvent réduire le risque. « Il faut limiter l’exposition aux allergènes connus, éviter le tabagisme passif, améliorer la qualité de l’environnement domestique et favoriser une prise en charge précoce lorsqu’il existe un terrain à risque », suggère-t-il.
Dr Abdelkader Oumar Kandjé conseille de ne pas banaliser des symptômes qui reviennent régulièrement. « Beaucoup de patients vivent pendant des années avec une rhinite chronique, des démangeaisons répétées ou des réactions alimentaires sans chercher à comprendre leur origine. Il faut éviter l’automédication prolongée. Une allergie mal identifiée peut entraîner des complications ou masquer d’autres maladies », exhorte-t-il.
Il conclut qu’il est nécessaire de connaître précisément son allergie, comprendre ses facteurs déclenchants et suivre régulièrement son traitement permet, dans la majorité des cas, d’avoir une vie parfaitement normale.
Naïma Ahmed Beïn












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