Accueil » Assainissement : L’urgence d’agir pour un environnement viable
Santé Tchad

Assainissement : L’urgence d’agir pour un environnement viable

youwa

Dans la capitale tchadienne, il n’est pas rare d’apercevoir certains citoyens se soulager en plein air. Cette pratique ternit l’image de la ville et constitue en même temps une source de propagation de maladies.

Faute de toilettes ou latrines améliorées, beaucoup de Tchadiens se livrent à la défécation à ciel ouvert depuis des quartiers périphériques au centre-ville. Un état des choses qui expose la capitale à une insalubrité permanente. Des grands axes, aux alentours de certains lieux publics, des carrefours, les excréments humains sont visibles. Les cas des espaces sous les viaducs de Dembé, Diguel et Tacha-Moussoro sont illustratifs. Les chantiers inachevés et les terrains inexploités sont souvent transformés en de latrines improvisées, parfois, sous le regard impuissant des autorités municipales.

Amina Gana, mère de famille et commerçante au quartier Ridina, admet l’incivisme des citoyens, mais relève aussi l’absence quasi-totale des toilettes dans les services publics. « On parle d’incivisme, mais il n’y a pas de toilettes. La mairie le sait. Quand l’envie arrive, surtout pour les enfants, on se débrouille comme on peut ».  Même son de cloche pour Mahamat Oumar, conducteur de moto-taxi à Diguel. « Toute la journée sur nos parcours, aucun Water Closet (WC) public. On nous accuse, mais rien prévu pour parer aux éventualités».

Des risques sanitaires insoupçonnés

La défécation à l’air libre ne fait pas que nuire à l’image de la ville. Elle est aussi porteuse de contamination, de pollution et de transmission des maladies d’origine virale, parasitaire et bactérienne. Selon Hamit Mahamat Alio, maître de conférences en Biologie médicale, spécialiste en parasitologie et mycologie médicale, la défécation à l’air libre favorise la propagation des protozooses et des helminthiases, ainsi que des infections virales graves telles que les hépatites A, B, C, D et E. Selon le spécialiste, elle peut aussi contribuer à la recrudescence des pathologies comme le choléra et les fièvres typhoïdes.

Au service Hygiène et Assainissement de la mairie de N’Djaména, le problème figure bien dans le plan d’action. Alphonse Djondang qui dirige ledit service, renseigne que la lutte contre le phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Selon lui, plusieurs actions ont été engagées à travers des textes réglementaires et des campagnes de sensibilisation destinées à informer la population sur les risques sanitaires. La mairie, d’après lui, reste « l’institution la plus proche des citoyens, mais ne peut agir seule.N’étant pas une force de répression, son rôle principal reste la sensibilisation pour le changement de comportement », a-t-il précisé. Alphonse Djondang a reconnu la complexité du problème, soulignant que dans la plupart des cas, ces pratiques sont liées à l’alcoolisme pour les uns et à l’exclusion sociale pour les sans-abris et les personnes désœuvrées. Pour les espaces sous les viaducs, il est prévu des aménagements pour en faire un environnement propice à la distraction et aux loisirs. A l’état actuel des choses, la responsabilité de tous les acteurs est engagée. La municipalité et les citoyens sont appelés à conjuguer leur efforts en proposant des solutions durables pour préserver la propreté de la ville, assurer son rayonnement et garantir la santé publique.

Abakar Gombo Doungous

À propos de l'auteur

ATPE

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire