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Santé

Astuces de beauté : Quand les percings exposent le corps aux risques de santé

A N’Djaména, des mineurs et personnes adultes s’adonnent aux percings. Longtemps considérés comme un complément de beauté par les femmes, ils sont pratiqués dans presque toutes les parties du corps. Les oreilles, les dos légèrement en bas de la hanche, la langue, le nombril ou le nez, les femmes n’hésitent pas à les percer sans connaitre les risques sanitaires qu’elles encourent.

Au cours des décennies, en Afrique, percer les oreilles avait plusieurs significations selon les cultures. De nos jours, cette perception a cédé la place à une explication plus acceptable, assimilant la pratique à la modernité et une tendance, une mode et un signe esthétique.

Noudjimadjie Charité, perceuse depuis 8 ans dans le 9ème arrondissement de la ville de N’Djaména, explique que « certaines se font percer les oreilles et les nez juste pour se rendre jolies ». Un peu plus loin, Danoudjie Dina, coiffeuse dans un salon à Toukra regrette le peu de conscience de certaines femmes. Pour elle, « il y a des femmes qui percent les nez, oreilles et la langue pour se rendre plus jolies aux yeux des hommes ».

De son côté, Mingamadjie Mireille rencontrée à Walia-Hadjarai raconte son expérience.  « Je me suis fait percé les oreilles quand j’étais en grossesse ; mais la nuit je ne dormais pas à cause de la douleur jusqu’à l’accouchement. Pour l’instant, je ne peux pas le refaire », a-t-elle insisté.

Du point de vue anthropologique, Mbainang Delkimos habitant le quartier Walia ngonba explique que « percer les oreilles pour les anciens était un signe des initiés pour la protection. Mais aujourd’hui, c’est un mode importé qui a une autre signification. Pour certaines ethnies, percer est symbolique de la coutume et de la conservation pour leur pièces   précieux ».

 Pour docteur Yanaka pihouli Payang, les complications sanitaires liées aux percings peuvent inclure des réactions allergiques aux matériaux utilisés, des infections bactériennes ou virales comme les hépatites B ou C et le VIH, la formation de   chéloïdes cicatrices hypertrophiques, les saignements excessifs, et dans le rare cas, des dommages nerveux ou des problèmes de cicatrisation à long terme. Il existe, d’après le médecin, plusieurs zones du corps ou les percings sont particulièrement risqués et doivent être évités où réalisés avec une extrême prudence par des professionnels de la santé. C’est le cas des zones proches de grands vaisseaux sanguins ou des nerfs important, comme le cou d’artère carotide, et certaines parties du visage ou les nerfs sont plus superficiels. Il indique que les organes internes ne doivent jamais être percés.

Docteur Yanaka pihouli Payang conseille d’adopter plusieurs démarches pour se faire Percer en toute sécurité. D’abord, dit-il, il est crucial de choisir un perceur professionnel et expérimenté, travaillant dans un studio respectant les normes d’hygiène. Ensuite, il est également important de discuter ouvertement de ses antécédents médicaux avec le perceur. Enfin, il faut se renseigner sur les soins post percing recommandés afin de s’assurer d’une bonne cicatrisation et prévenir les infections.

Moundamaide N’dingalaou Eveline

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