Dans la province du Kanem, les autorités sanitaires enregistrent des avancées encourageantes dans la lutte contre le manque de sang dans les structures hospitalières.
À l’hôpital provincial, la mise en place d’une banque de sang moderne est un atout majeur pour la prise en charge des urgences médicales, particulièrement chez les femmes enceintes souffrant d’hémorragies ou d’anémie sévère. Selon Abdelkrim Mbodou Taher, Point focal de la santé de reproduction, l’appui des partenaires a permis de renforcer considérablement les capacités de conservation du sang. « Grâce à l’accompagnement des partenaires, notamment l’Union européenne, des équipements solaires ont été installés afin de permettre le fonctionnement permanent de la banque de sang », explique-t-il.
Aujourd’hui, la structure fonctionne 24 heures sur 24 et assure la conservation des poches de sang destinées aux cas d’urgences médicales. Mais au-delà des équipements, le véritable défi restesurtout humain. Pendant plusieurs années, les responsables sanitaires faisaient face à des croyances profondément ancrées dans la mentalité des communautés. Beaucoup pensaient que donner son sang pouvait entraîner une faiblesse grave ou provoquer des maladies chez les donneurs. « Quelquefois, même les maris refusaient de donner du sang à leur femme », raconte Abdelkrim Mbodou Taher.
Longtemps confrontée aux réticences des populations face au don de sang, la province voit aujourd’hui les mentalités évoluer grâce aux campagnes de sensibilisation menées avec l’appui des partenaires tels que l’UNICEF et l’Union européenne(UE). Radios communautaires, chefs traditionnels, leaders religieux et relais communautaires ont été mobilisés afin d’expliquer à la population l’importance du don de sang pour sauver des vies.Ces actions menées commencent aujourd’hui à produire des résultats encourageants. « Les gens ont compris l’importance du don de sang et lorsqu’une personne est anémiée, nous trouvons plus facilement des proches prêts à donner leur sang », souligne Abdelkrim Mbodou Taher.
Pour les équipes médicales, cette évolution représente une avancée majeure dans une province où les besoins en transfusion sanguine restent importants dans les maternités. La disponibilité du sang permet désormais de répondre plus rapidement aux complications obstétricales et de réduire les risques de décès liés aux hémorragies.
Malgré ces progrès, le corps médical reconnait que le travail de sensibilisation doit se poursuivre afin d’atteindre toutes les couches de la population. « Il y a un changement de mentalité, mais le défi reste encore. Certaines personnes ont toujours besoin d’être sensibilisées pour comprendre le bienfait du don de sang », insiste Abdelkrim Mbodou Taher.
Grâce aux efforts conjoints des autorités sanitaires, de l’UNICEF et des autres partenaires techniques et financiers, le don de sang commence progressivement à devenir un réflexe de solidarité dans la province du Kanem.
Man-Ya Allah Gisèle, envoyée spéciale












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