En ce début de saison pluvieuse, le maire de la commune du 9ᵉ arrondissement de N’Djaména, Djimtogbai Rohom Appolin met en lumière les défis majeurs auxquels sa circonscription fait face, notamment les inondations, l’occupation anarchique des espaces publics et la question sécuritaire.
Abordant la problématique des inondations, l’édile communal rappelle que ce phénomène est récurrent dans le 9ème arrondissement et ne date pas d’aujourd’hui. Toutefois, il souligne qu’au cours de ces dernières années, les dégâts sont devenus de plus en plus importants. « Nous sommes habitués à ce phénomène naturel, même si des solutions durables restent encore difficiles à mettre en œuvre. Notre travail consiste surtout à limiter les dégâts », a-t-il expliqué.
Dans cette optique, la mairie a pris plusieurs mesures préventives cette année. Sur le plan organisationnel, le comité de veille chargé de la lutte contre les inondations a été réactivé. Des réunions régulières sont organisées avec les membres de ce comité communal. Sur le plan matériel, des travaux d’aménagement des rues ont été engagés depuis janvier, notamment la pose de dalots et de buses pour faciliter l’évacuation des eaux. La commune a également acquis plusieurs équipements, dont des centaines de brouettes, pioches, pelles, bottes, gants et autres matériels destinés aux équipes d’intervention.
Le maire précise que la commune du 9èmearrondissement fait face à deux types d’inondations : pluviales et fluviales. Concernant les crues causées par le débordement des fleuves, il a indiqué que l’État a construit une digue pour protéger les habitants. Une seconde digue est actuellement en chantier dans le quartier Dou. Toutefois, la plus grande inquiétude reste liée aux inondations pluviales. « Nous surveillons de près les digues afin de colmater rapidement les fissures éventuelles », a-t-il affirmé.
Sur la question de l’occupation anarchique des espaces publics, Djimtogbai Rohom Oppolin estime que le problème dépasse le seul cadre de sa communeet touche l’ensemble de la ville de N’Djaména. Selon lui, l’incivisme de certains citoyens et le laxisme administratif ont favorisé cette situation. Il a dénoncé également l’occupation illégale des réserves foncières de l’État, indispensables selon lui, àl’installation future d’infrastructures publiques telles que les postes de police, écoles ou hôpitaux. « La population, certains agents du cadastre, les délégués de quartiers et les chefs de carrés sont parfois complices de ce désordre urbain. Nous allons reprendre tout ce qui appartient à l’État », avertit-il.
Une porte d’entrée de N’Djaména
Sur le volet sécuritaire, le maire indique que depuis son arrivée à la tête de la commune, il y a un an et trois mois, quatre patrouilles nocturnes conjointes ont été menées avec la Police nationale, la Gendarmerie nationale et la Police municipale. La dernière opération a permis l’interpellation de plus de 300 personnes suspectes, parmi lesquelles figuraient des ressortissants camerounais, nigérians, soudanais ainsi que des Tchadiens. Les étrangers en situation irrégulière ont été rapatriés. « Nous poursuivons les patrouilles chaque mois, non seulement pour la sécurité du 9ᵉ arrondissement, mais aussi pour celle de toute la ville, car notre arrondissement constitue une porte d’entrée de N’Djaména », a-t-il souligné.
Évoquant les difficultés de sa commune, le maire Djimtogbai Rohom Appolin rappelle que le 9ᵉ arrondissement figure parmi les dernières communes créées de la capitale. « Ici, tout reste à faire : le reprofilage des rues, la lutte contre les inondations et la mise en place d’infrastructures de base. Le principal défi demeure le manque de moyens financiers et matériels », confie-t-il.
Malgré ces contraintes, il affirme continuer à se battre pour améliorer les conditions de vie de ses administrés. Il lance un appel aux plus hautes autorités pour un appui accru à sa commune, rappelant que le 9ᵉ arrondissement ne dispose ni de grands marchés, ni de grands hôtels, ni de grandes infrastructures génératrices de revenus, contrairement à d’autres communes de la capitale.
Kary Amadou












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