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Culture Tchad

Culture africaine : Investir pour préserver et valoriser

Le monde célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante, chaque 24 janvier de l’année. L’édition 2026 est placée sous le thème « la culture africaine, moteur de paix, d’unité et de développement durable ». Avec la mondialisation, certaines cultures africaines perdent parfois leurs originalités. L’écrivain, journaliste et président de Fest’Africa International Conseil, Nocky Djedanoum pointe du doigt les défis à relever pour la valorisation de la culture africaine.

Adoptée par l’UNESCO lors de la 40e session de sa Conférence générale le 24 janvier 2019, la date de la journée mondiale de la culture africaine et afro descendante coïncide avec l’adoption de la Charte de la renaissance culturelle africaine en 2006 par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. La célébration de cette journée vise également à promouvoir la ratification et la mise en œuvre la plus large possible de cette Charte par les États africains, renforçant ainsi le rôle de la culture dans la promotion de la paix sur le continent.

Au Tchad, les traditions sont valorisées à travers des pratiques telles que l’initiation. La mondialisation impose à travers les médias, le modèle occidental. Mais, Nocky Djedanoum dit que les artistes font un travail de résistance grâce à leurs productions artistiques. Il soutient que la mondialisation ne peut pas tuer les cultures africaines malgré le mélange. « Nos musiques et nos danses en témoignent. Le coupé décalé en Côte d’Ivoire, l’afrobeat au Nigeria, la rumba en RDC etc., prouvent que les Africains dansent toujours à leurs rythmes », fait-il savoir.

Selon Nocky Djedanoum, l’importance de cette journée, c’est d’abord la reconnaissance de la culture africaine et afrodescendante. « L’Afrique compte 54 États. Et chacun de ces États présente une diversité culturelle extraordinaire. Si l’on prend en exemple un pays comme le Tchad qui compte plus de 200 groupes ethniques et autant sinon plus de langues, imaginez cette richesse culturelle dans plusieurs domaines : la littérature orale à savoir les contes, poésie chants, la danse, la musique, les arts plastiques », souligne-t-il.

L’écrivain renchérit que, l’organisation des festivals communautaires au Tchad, contribue à véhiculer des messages de paix et d’unité nationale, même si la perception n’est pas la même chez tout le monde. « L’inscription du Guruna, une pratique socio-culturelle du peuple Massa au patrimoine mondial de l’UNESCO, est la preuve que les festivals sont très importants », martèle-t-il.

Inscrire la culture dans les priorités nationales

Toutefois, pour valoriser et préserver le patrimoine culturel africain, l’inscription de la culture parmi les priorités nationales en Afrique, est un impératif. Le président de Fest’Africa international conseil reconnaît qu’il faut beaucoup de moyens et une volonté politique pour valoriser le patrimoine culturel africain. « Il faut des ressources financières et humaines conséquentes. La conservation a un coût. Dans le cas contraire, ce patrimoine se détruit, voire disparaît. Il faut aussi donner des moyens à la recherche. La recherche nous permet de mieux connaître et comprendre le sens et l’importance de notre patrimoine culturel » a-t-il insisté. Selon lui, la culture afro descendance engendrée par la diaspora africaine a une immense richesse.  « Aux Etats Unis d’Amérique, les Noirs sont à l’origine de la création de la musique Jazz et blues et même le rock and roll. Cette musique a évolué dans le temps en engendrant d’autres styles tels que le RnB, le rap, le Slam ». L’écrivain affirme que, dans les pays comme la Jamaïque, c’est le reggae dont le meilleur ambassadeur fut feu Bob Marley, est une identité culturelle africaine phare du monde.

« Je partage avec le grand poète Léopold Sedar Senghor l’idée que la culture est au début et à la fin du développement. La culture définit qui nous sommes », conclut Nocky Djedanoum.

Kary Amadou

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